Héritage en France pour un résident paraguayen : procédure et fiscalité 2026

Héritage en France pour un résident paraguayen : procédure et fiscalité 2026

Vous vivez au Paraguay, cédula en poche, résidence fiscale établie, et un jour le téléphone sonne depuis la France : un parent est décédé, vous héritez. Un appartement à Lyon, un compte à la Société Générale, une assurance-vie, un portefeuille de titres, peut-être une maison de famille, et parfois des dettes. Que se passe-t-il ensuite ? Quels droits de succession devez-vous payer, en France, au Paraguay, ou dans les deux ? Faut-il revenir en France, ou tout peut-il se gérer depuis Asunción ?

La succession internationale fait cohabiter deux systèmes de droit et deux administrations fiscales. Ce guide couvre la procédure complète, la fiscalité applicable et la gestion patrimoniale d'un héritage français pour un résident paraguayen.

Quel droit s'applique à la succession ?

Le Règlement européen sur les successions (650/2012)

Première question à trancher : quel droit régit la succession de votre parent décédé en France ?

  • Le principe : le Règlement européen 650/2012, applicable depuis 2015, soumet la succession au droit du pays de la dernière résidence habituelle du défunt. Si votre parent vivait en France au moment du décès, le droit français s'applique à l'ensemble de la succession, biens situés en France comme à l'étranger. Ce règlement vaut pour les Français même lorsque les héritiers vivent hors de l'Union européenne, comme au Paraguay.
  • L'exception, la professio juris : le défunt pouvait choisir par testament la loi de sa nationalité (article 22 du Règlement). Un parent français ayant désigné la loi française ne change rien au résultat. En revanche, un parent binational franco-paraguayen ayant opté pour la loi paraguayenne verrait celle-ci régir sa succession.
  • En pratique : dans l'immense majorité des cas, le parent décédé vivait en France et le droit français s'applique. Le notaire français gère alors la succession, quel que soit le pays de résidence des héritiers.

Le droit français des successions : les grands principes

  • La réserve héréditaire : le droit français protège les enfants du défunt, dits héritiers réservataires. La réserve est la part minimale qui doit leur revenir :
    • 1 enfant : réserve de 1/2 de la succession (quotité disponible de 1/2).
    • 2 enfants : réserve de 2/3 (quotité disponible de 1/3).
    • 3 enfants ou plus : réserve de 3/4 (quotité disponible de 1/4).
    Un parent ne peut pas déshériter ses enfants : leur part de réserve leur revient quoi qu'il arrive. La quotité disponible est la fraction que le défunt attribue librement, à un ami, une association ou son conjoint.
  • Le conjoint survivant : lorsque tous les enfants sont communs au couple, le conjoint choisit entre l'usufruit de la totalité de la succession et 1/4 en pleine propriété. Si les enfants ne sont pas tous communs, il reçoit 1/4 en pleine propriété, sans option d'usufruit. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession.
  • L'ordre des héritiers : viennent d'abord les descendants (enfants, petits-enfants), puis les parents avec les frères et sœurs, puis les ascendants, et enfin les collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins). Si le défunt a des enfants, ils héritent en priorité, aux côtés du conjoint survivant.

Les droits de succession en France pour un héritier au Paraguay

Le principe : la France taxe les biens situés en France

En tant qu'héritier résidant au Paraguay, vous êtes redevable des droits de succession français sur les biens situés en France, et parfois au-delà selon votre historique de résidence :

Situation Biens taxables en France Base légale
Le défunt résidait en France La totalité des biens du défunt, en France et à l'étranger, est soumise aux droits de succession français. Article 750 ter I du CGI
L'héritier a résidé en France au moins 6 ans sur les 10 dernières années La totalité des biens reçus, en France et à l'étranger, est soumise aux droits français, même si le défunt ne résidait pas en France. Article 750 ter II du CGI
Aucune des deux conditions n'est remplie Seuls les biens situés en France sont soumis aux droits de succession français. Article 750 ter III du CGI

Le cas le plus fréquent : votre parent résidait en France, donc l'ensemble de ses biens est soumis aux droits de succession français (article 750 ter I). Votre résidence au Paraguay n'y change rien : c'est la résidence du défunt qui détermine la compétence fiscale française.

Le cas de l'article 750 ter II : si vous avez vous-même résidé en France au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, vous êtes imposable en France sur tous les biens reçus, y compris ceux situés hors de France. Installé au Paraguay depuis moins de 4 ans après avoir vécu en France, vous êtes encore dans cette fenêtre. Installé depuis 5 ans ou plus, vous en sortez : seuls les biens situés en France restent imposables.

Les abattements et le barème des droits de succession

Lien avec le défunt Abattement Barème (au-delà de l'abattement)
Enfant (ligne directe) 100 000 € par enfant 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % de 8 073 à 12 109 €, 15 % de 12 110 à 15 932 €, 20 % de 15 933 à 552 324 €, 30 % de 552 325 à 902 838 €, 40 % de 902 839 à 1 805 677 €, 45 % au-delà
Conjoint survivant Exonération totale (loi TEPA 2007) 0 %, aucun droit de succession entre époux
Frère / sœur 15 932 € 35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà
Neveu / nièce 7 967 € 55 %
Autres héritiers 1 594 € 60 %

Le calcul concret : hériter de 300 000 € en tant qu'enfant

Poste Montant
Valeur de la part héritée 300 000 €
Abattement enfant -100 000 €
Base taxable 200 000 €
Droits de succession (barème progressif) ~38 194 € (5 % sur 8 072 + 10 % sur 4 037 + 15 % sur 3 823 + 20 % sur 184 068)
Net reçu après droits ~261 806 €

Pour un héritage de 300 000 € reçu par un enfant, les droits s'élèvent à environ 38 194 €, soit 12,7 % du total. Le taux effectif grimpe avec le montant : environ 178 000 € de droits (17,8 %) pour une part d'un million d'euros, environ 473 000 € (23,7 %) pour deux millions.

Les droits de succession au Paraguay : 0 %

Le Paraguay n'applique aucun droit de succession. Les biens situés au Paraguay (immobilier, comptes bancaires locaux) se transmettent sans impôt. Et si vous héritez de biens français, le Paraguay ne les taxe pas une seconde fois : les droits français sont les seuls dus. Il n'existe pas de convention fiscale bilatérale France-Paraguay en la matière, mais comme le Paraguay ne taxe tout simplement pas les successions, aucun conflit de double imposition ne se pose.

L'assurance-vie : le régime spécifique

L'assurance-vie est hors succession

Les contrats d'assurance-vie français obéissent à un régime propre : ils sont hors succession (article L132-12 du Code des assurances).

  • Le principe : le capital décès est versé au bénéficiaire désigné dans le contrat, et non aux héritiers légaux, sauf si le bénéficiaire est lui-même héritier. Ce capital échappe aux règles de partage et à la réserve héréditaire, dans la limite des primes qui ne seraient pas manifestement excessives.
  • La fiscalité : le capital décès suit un régime distinct des droits de succession classiques :
    • Primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxe de 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Nettement plus favorable que le barème successoral.
    • Primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI) : abattement global de 30 500 €, tous bénéficiaires confondus, puis application des droits de succession classiques. Moins avantageux, mais les intérêts et plus-values du contrat restent exonérés : seules les primes versées après 70 ans sont taxées, pas la capitalisation.
  • L'impact de votre résidence au Paraguay : bénéficiaire d'un contrat français en vivant au Paraguay, vous restez soumis au régime fiscal français (990 I ou 757 B). Ce sont le lieu du contrat et la résidence du défunt qui comptent. Le Paraguay, de son côté, ne taxe rien : pas de double imposition.
  • Le versement à un bénéficiaire non-résident : certains assureurs demandent des justificatifs supplémentaires (certificat de résidence, pièce d'identité, coordonnées bancaires internationales). Le capital peut être versé sur votre compte français si vous en avez conservé un, ou par virement international. Comptez 2 à 6 mois de délai, contre 1 à 3 mois pour un bénéficiaire résidant en France : plus long, mais le versement est garanti.

La procédure de succession depuis le Paraguay

Les étapes de la succession en France

  1. Le décès et la déclaration : le décès est déclaré à la mairie du lieu du décès, par la famille ou les pompes funèbres, et l'acte de décès est établi. Le notaire est ensuite contacté, celui de la famille ou un notaire choisi par les héritiers.
  2. L'ouverture de la succession : le notaire recherche un éventuel testament au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés, identifie les héritiers par l'acte de notoriété et dresse l'inventaire de l'actif et du passif.
  3. La déclaration de succession : elle est déposée auprès du centre des impôts du dernier domicile du défunt, dans un délai de 6 mois après un décès survenu en France, ou de 12 mois pour un décès à l'étranger. Tout retard entraîne des intérêts de 0,20 % par mois, plus une majoration de 10 % après mise en demeure.
  4. Le paiement des droits : les droits sont réglés au dépôt de la déclaration, en une fois ou de façon fractionnée sur 1 à 3 ans pour les montants élevés, avec un différé possible en cas de nue-propriété. Ils doivent être payés avant la distribution des biens : en pratique, le notaire les prélève sur l'actif successoral ou les héritiers avancent les fonds.
  5. Le partage : une fois les droits payés, le notaire répartit les biens selon la loi ou le testament. L'acte de partage est signé par tous les héritiers, en présence ou par procuration, puis les biens sont transférés : mutation immobilière, virement des liquidités, transfert des titres.

Gérer la succession depuis le Paraguay

Vous n'êtes pas obligé de revenir en France : tout peut se faire à distance.

  • La procuration notariée : vous mandatez une personne de confiance en France (frère, sœur, ami, avocat) pour signer en votre nom l'acte de notoriété, la déclaration de succession, l'acte de partage et les ventes éventuelles. La procuration est rédigée devant un escribano público au Paraguay, apostillée, traduite par un traducteur assermenté puis envoyée au notaire français. Comptez 100 à 300 USD au total.
  • La procuration consulaire : alternative plus simple, la signature à la section consulaire de l'Ambassade de France à Asunción. La procuration consulaire est directement reconnue en France, sans apostille ni traduction, pour des frais modiques voire nuls. C'est en général l'option la plus rapide.
  • La signature électronique : certains notaires acceptent la visioconférence avec signature numérique pour les actes de succession, une pratique qui s'est banalisée depuis le Covid. Posez la question à votre notaire.
  • Les déplacements : pour une succession complexe, avec plusieurs biens, un conflit entre héritiers ou une vente, un ou deux voyages en France peuvent rester nécessaires. Le billet Asunción-Paris, entre 800 et 1 500 USD aller-retour, est déductible des frais de gestion de la succession. Pour une succession simple, la procuration suffit.

Le rôle du notaire

Le notaire est l'acteur central de la succession en France.

  • Le choix du notaire : le notaire de famille du défunt est le choix naturel, il connaît le patrimoine et les volontés. En cas de désaccord entre héritiers, chacun peut prendre son propre notaire ; ils collaborent, mais les frais augmentent.
  • Les frais de notaire : les émoluments sont réglementés et proportionnels à l'actif :
    • Acte de notoriété : 57 à 70 € environ (forfait).
    • Déclaration de succession : environ 0,434 % de l'actif brut au-delà de 6 500 €.
    • Acte de partage : environ 1,033 % de l'actif partagé au-delà de 6 500 €.
    • Copies, formalités et débours : 500 à 2 000 € selon les dossiers.
    Pour un actif de 300 000 €, comptez 3 000 à 5 000 € de frais de notaire. Pour un million d'euros, 8 000 à 15 000 €.
  • La communication à distance : la plupart des notaires travaillent par email et téléphone avec les héritiers à l'étranger. Le décalage Asunción-Paris, de 5 à 6 heures, se gère bien : un appel en début d'après-midi paraguayenne tombe en fin d'après-midi française. Les documents circulent par email pour les scans, et par DHL ou FedEx pour les originaux, à 50-100 USD l'envoi.

Que faire des biens hérités ?

L'immobilier en France

Vous héritez d'un appartement ou d'une maison en France. Trois options s'offrent à vous :

Option Description Conséquence fiscale Recommandation
Vendre le bien Vous vendez le bien hérité et rapatriez le produit de la vente au Paraguay. La plus-value se calcule entre le prix de vente et la valeur déclarée dans la succession, pas le prix d'achat initial du défunt. Une vente rapide, dans l'année du décès et au prix déclaré, donne une plus-value nulle, donc aucun impôt. Une vente plus tardive à prix supérieur est imposée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattements de détention comptés depuis le décès. Pour un non-résident, un représentant fiscal est obligatoire au-delà de 150 000 € de prix de vente. L'option recommandée si vous ne comptez pas revenir en France. Vendez dans les 12 mois pour une plus-value minimale, puis rapatriez les fonds au Paraguay.
Mettre en location Vous conservez le bien et percevez les loyers depuis le Paraguay. Revenus fonciers imposés en France au taux minimum de 20 % pour les non-résidents, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit environ 37,2 %. S'y ajoutent la taxe foncière et la gestion à distance par agence, de 6 à 10 % des loyers. Viable dans un marché locatif dynamique comme Paris, Lyon ou Bordeaux. Mais la fiscalité est lourde et la gestion contraignante. Si le rendement net après impôts et frais passe sous 3 %, mieux vaut vendre et réinvestir au Paraguay.
Conserver en résidence secondaire Vous gardez le bien comme pied-à-terre pour vos séjours en France. Pas de revenus, donc pas d'impôt sur le revenu. Mais taxe foncière annuelle de 1 000 à 5 000 € selon le bien, charges de copropriété, entretien, assurance, et parfois taxe sur les logements vacants. Le choix du cœur, pour une maison de famille. Chiffrez le coût annuel de conservation et comparez-le au produit de la vente investi au Paraguay avant de décider.

Les comptes bancaires et les placements financiers

  • Comptes bancaires du défunt : ils sont bloqués au décès, dès que la banque est informée par le notaire ou l'état civil. Le notaire libère les fonds après paiement des droits et partage. Votre part est virée sur votre compte français si vous en avez un, ou par virement international SWIFT, en 3 à 7 jours ouvrés.
  • Les livrets d'épargne (Livret A, LDDS, LEP) : clôturés au décès, intérêts arrêtés à cette date, soldes intégrés à la succession et distribués après le partage.
  • Le PEA : il est clôturé au décès du titulaire. La plus-value accumulée par le défunt est purgée par la succession : les titres sont évalués à leur valeur au jour du décès pour les droits. Si vous héritez des titres et les vendez ensuite, votre plus-value se calcule depuis cette valeur, pas depuis le prix d'achat initial.
  • L'assurance-vie : voir la section dédiée. Le capital est versé directement au bénéficiaire désigné, sans passer par la succession, sur son compte français ou étranger.
  • Le compte-titres ordinaire : les titres sont évalués au jour du décès et intégrés à la succession. Les héritiers peuvent les recevoir en nature, par transfert vers leur propre compte-titres, ou les faire vendre et percevoir les liquidités. Vérifiez avec votre courtier s'il accepte le transfert entrant, sinon faites vendre et rapatriez les liquidités.

Rapatrier les fonds au Paraguay

Une fois les droits payés et le partage effectué, vous pouvez rapatrier les fonds :

  • Virement SWIFT : depuis le compte français vers votre compte bancaire paraguayen ou le compte de votre structure. Frais de 20 à 50 € par virement selon la banque, sans limite légale de montant. Au-delà de 10 000 €, la banque peut demander un justificatif d'origine des fonds : l'acte de partage notarié suffit.
  • Wise : meilleur taux de change, frais de 0,5 à 1,5 % du montant, délai de 1 à 3 jours. Au-delà de 50 000 €, Wise demande généralement l'acte de succession en justificatif.
  • La destination des fonds : compte de votre LLC US si vous investissez via votre structure (l'apport se documente dans la comptabilité de la LLC), ou compte bancaire paraguayen personnel pour un usage personnel, achat immobilier, dépenses courantes ou épargne, en USD ou en guaranis.
  • La fiscalité du rapatriement : transférer des fonds hérités de France vers le Paraguay n'est pas un événement fiscal. L'héritage a déjà été taxé en France, le Paraguay ne taxe pas les successions, et le transfert n'est ni un revenu ni une plus-value. Conservez simplement l'acte de succession pour justifier l'origine des fonds si votre banque ou la DNIT le demande.

L'héritage et la structuration patrimoniale au Paraguay

Intégrer l'héritage dans votre patrimoine paraguayen

Un héritage français est une injection de capital dans votre patrimoine, et le Paraguay offre un cadre particulièrement favorable pour le faire fructifier :

Montant hérité (après droits) Stratégie d'investissement au Paraguay Rendement attendu (7 %/an) Valeur après 10 ans
50 000 € ETF via un courtier international, dividendes et plus-values non taxés au Paraguay 7 %/an ~98 000 €
150 000 € Mix : 100 000 € en ETF + 50 000 € en immobilier paraguayen (appartement locatif à Asunción) ETF 7 %/an + immobilier 5 à 8 %/an (loyer net et appréciation) ~300 000-350 000 €
300 000 € Mix : 200 000 € en ETF + 100 000 € en immobilier paraguayen (2 appartements locatifs) ETF 7 %/an + immobilier 5 à 8 %/an ~600 000-700 000 €
500 000 € Mix : 300 000 € en ETF + 150 000 € en immobilier + 50 000 € investis via la LLC US ETF 7 %/an + immobilier 5 à 8 %/an + business variable ~1 000 000-1 200 000 €

Le point clé : les gains générés par l'héritage investi depuis le Paraguay sont à 0 % pour les revenus de source étrangère, dividendes d'ETF et plus-values, et de 8 à 10 % d'IRP pour les loyers de source locale. En France, ces mêmes gains supporteraient 30 % de PFU ou le barème progressif avec les prélèvements sociaux. Le Paraguay démultiplie le rendement net de votre héritage.

Conserver des actifs en France ou tout rapatrier ?

  • Arguments pour rapatrier : des gains d'investissement non taxés au Paraguay contre plus de 30 % en France, une gestion simplifiée sans déclaration française, sans taxe foncière ni agence locative, et un patrimoine concentré, plus simple à piloter et à transmettre.
  • Arguments pour conserver : la diversification géographique, la valeur de long terme de l'immobilier des grandes villes françaises, l'assurance-vie française et son abattement de 152 500 € par bénéficiaire, et un pied-à-terre qui facilite un éventuel retour.
  • Notre lecture : rapatriez les liquidités (comptes, PEA liquidé, produit de la vente immobilière) et investissez-les depuis le Paraguay. Conservez l'assurance-vie française dont vous êtes bénéficiaire, c'est un outil de transmission difficile à égaler. Et si vous gardez un bien immobilier en France, vérifiez que son rendement net après impôts, charges et gestion justifie la conservation ; sinon, vendez et réinvestissez.

Le cas de l'indivision entre héritiers

L'indivision successorale

Si vous héritez avec d'autres héritiers, les biens restent en indivision jusqu'au partage :

  • Le principe : chaque héritier détient une quote-part, par exemple un tiers pour trois enfants. Les décisions importantes, vente, location, travaux, exigent l'accord de tous, ou des deux tiers pour les actes d'administration (article 815-3 du Code civil).
  • Le problème à distance : l'indivision est une machine à conflits, chacun ayant ses propres intérêts : l'un veut vendre, l'autre garder, le troisième louer. Depuis Asunción, gérer ces arbitrages est particulièrement lourd.
  • La solution : sortir de l'indivision au plus vite. Quatre voies :
    • Le partage amiable : les héritiers répartissent les biens d'un commun accord, l'un prend l'appartement, l'autre les liquidités, le troisième l'assurance-vie, et signent un acte de partage notarié. La voie la plus simple et la plus rapide.
    • La vente du bien indivis : si tout le monde est d'accord, le notaire organise la vente et répartit le produit. Face à un opposant, les indivisaires détenant deux tiers des parts peuvent demander l'autorisation judiciaire de vendre (article 815-5-1 du Code civil).
    • Le rachat de parts : un héritier rachète les parts des autres et devient plein propriétaire, moyennant un droit de partage de 1,10 % sur la valeur rachetée.
    • La licitation : la vente aux enchères judiciaire, solution de dernier recours quand rien d'autre n'aboutit.
  • La convention d'indivision : si la sortie prend du temps, une convention notariée organise l'intérim : qui gère, qui paie les charges, qui perçoit les loyers, à quelles conditions vendre. Elle peut être conclue pour 5 ans renouvelables et prévoir un droit de préemption entre indivisaires.

Les dettes du défunt

Hériter des dettes

En France, l'héritage porte sur l'actif et le passif : les héritiers reçoivent aussi les dettes du défunt.

  • L'acceptation pure et simple : vous recevez les biens et les dettes. Si les dettes dépassent l'actif, vous payez la différence sur vos biens personnels. C'est le mode par défaut, et le plus risqué face à un patrimoine incertain.
  • L'acceptation à concurrence de l'actif net : votre responsabilité est plafonnée à la valeur des biens hérités. Si les dettes dépassent l'actif, vous ne payez pas la différence. C'est l'option prudente en cas de doute, dettes cachées, cautions ou litiges en cours. Elle exige une déclaration au greffe du tribunal judiciaire, une publication et un inventaire sous 2 mois : plus lourde, mais protectrice.
  • La renonciation : vous ne recevez rien, ni biens ni dettes, par déclaration au greffe. La renonciation est totale, impossible de trier. Si le passif excède clairement l'actif, c'est la décision rationnelle.
  • Le délai : vous disposez de 4 mois après le décès pour choisir. Passé ce délai, un créancier ou un cohéritier peut vous mettre en demeure de répondre sous 2 mois ; sans réponse, vous êtes réputé acceptant pur et simple. Depuis le Paraguay, surveillez ces échéances de près : la distance n'est pas une excuse recevable.

Les erreurs spécifiques à l'héritier expatrié

Erreur 1 : ignorer la succession ou ne pas répondre au notaire

Le silence vaut acceptation pure et simple une fois les délais écoulés, dettes comprises. Répondez au notaire dès l'annonce du décès, et en cas de doute sur le patrimoine, optez pour l'acceptation à concurrence de l'actif net. Ne restez jamais silencieux.

Erreur 2 : ne pas donner de procuration

Sans procuration, chaque document exige votre signature originale, soit 2 à 4 semaines d'aller-retour postal Asunción-Paris à chaque fois. Donnez une procuration dès le début, consulaire à l'Ambassade de France à Asunción ou notariée paraguayenne apostillée, et votre mandataire signe tout en votre nom.

Erreur 3 : dépasser le délai de la déclaration de succession

Six mois après un décès en France, douze mois pour un décès à l'étranger. Au-delà, 0,20 % d'intérêts par mois et 10 % de majoration : sur une succession de 300 000 €, plusieurs milliers d'euros partent en pénalités. Mandatez le notaire pour déposer dans les temps et mettez des rappels dans votre calendrier.

Erreur 4 : vendre le bien immobilier trop tard

Une vente rapide au prix déclaré dans la succession ne génère aucune plus-value imposable. Attendre plusieurs années dans un marché haussier crée une plus-value taxée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Si vous ne comptez pas garder le bien, vendez dans les 12 mois : chaque année de détention supplémentaire augmente la note potentielle.

Erreur 5 : oublier de mettre à jour votre propre planification successorale

Un héritage modifie votre patrimoine global. Un bien français conservé doit entrer dans votre testament, un capital significatif doit faire revoir votre allocation d'actifs et vos clauses bénéficiaires. Un patrimoine qui change sans que la planification suive est un patrimoine en danger.

Erreur 6 : ne pas consulter un notaire ou un fiscaliste

Héritier au Paraguay, biens en France, article 750 ter II en embuscade : le terrain est technique, et les erreurs coûtent cher, droits mal calculés, délais dépassés, indivision mal gérée. Une consultation spécialisée, entre 500 et 3 000 €, s'amortit largement par les erreurs évitées.

Conclusion

Hériter d'un bien en France en tant que résident paraguayen est une situation parfaitement gérable, à condition de respecter la mécanique. Le droit français s'applique si le défunt résidait en France, les droits de succession français sont dus, abattement de 100 000 € par enfant puis barème de 5 à 45 %, et le notaire français pilote la procédure, que vous suivez depuis Asunción par procuration.

Le Paraguay, lui, n'impose aucun droit de succession : pas de double imposition. Les fonds rapatriés sont un transfert de capital, pas un revenu, donc aucun impôt à l'arrivée. Et une fois investis depuis le Paraguay, ETF de source étrangère ou immobilier local, les gains futurs sont à 0 % ou faiblement taxés, contre plus de 30 % si les mêmes fonds restaient placés en France.

La feuille de route de l'héritier installé au Paraguay tient en cinq lignes : payer les droits français, c'est une obligation, pas un choix ; vendre l'immobilier rapidement pour neutraliser la plus-value ; rapatrier les liquidités par SWIFT ou Wise ; investir les fonds depuis le Paraguay ; conserver l'assurance-vie française dont vous êtes bénéficiaire. Et sortir de l'indivision au plus vite, car la gérer depuis Asunción est un casse-tête dont on se passe.

Un héritage reste un événement chargé, la perte d'un parent, les souvenirs, la maison de famille. La gestion fiscale est nécessaire, mais elle ne doit pas éclipser l'essentiel. Prenez le temps du deuil, puis gérez la succession avec méthode, depuis votre vie au Paraguay, avec un notaire compétent et une procuration bien rédigée.

Vous héritez d'un bien en France et vous vivez au Paraguay, ou vous préparez votre installation ? Contactez notre équipe : résidence paraguayenne (dès 1 400 €), LLC US, compte bancaire, comptabilité DNIT (30 €/mois). Nous vous orientons aussi vers les bons professionnels, notaires et fiscalistes, pour gérer votre succession à distance. Écrivez-nous sur WhatsApp au +595 971 362 302 : réponse rapide, en français.

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