Paraguay ou Nouvelle-Zélande en 2026 : 4 ans d'exonération face au 0 % permanent
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La Nouvelle-Zélande fait rêver : fjords, plages sauvages, montagnes de cinéma, l'un des pays les plus stables et les mieux gouvernés du monde, une qualité de vie régulièrement classée au sommet des palmarès. Et un argument fiscal méconnu : le statut de « transitional resident », qui exonère les nouveaux résidents d'impôt néo-zélandais sur la plupart de leurs revenus étrangers pendant environ quatre ans. Quatre ans de revenus étrangers hors impôt au pays des Hobbits : le pitch séduit.
Le détail qui change tout : l'exonération couvre les revenus passifs étrangers, dividendes, intérêts, loyers, plus-values, mais pas les revenus du travail effectué depuis la Nouvelle-Zélande. Un freelance installé à Auckland qui facture ses clients français travaille en Nouvelle-Zélande : ses revenus sont imposables au barème néo-zélandais dès le premier jour, jusqu'à 39 %. Le transitional resident est un régime pour rentiers en transition, pas pour travailleurs à distance. Ce comparatif démonte le malentendu, puis confronte tout le reste : coût de vie, distance, résidence et qualité de vie face à la territorialité paraguayenne.
Dimension 1 : la fiscalité
Le transitional resident : ce qu'il couvre vraiment
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Le principe | Un nouveau résident fiscal néo-zélandais, ou un ancien résident de retour après une longue absence, bénéficie d'une exonération temporaire sur la plupart de ses revenus de source étrangère : dividendes, intérêts, loyers étrangers, plus-values étrangères, pensions. Durée : environ 48 mois. Une seule fois dans une vie. |
| L'exclusion décisive | Sont exclus de l'exonération les revenus d'emploi et de services liés à un travail effectué pendant la résidence néo-zélandaise, même pour des clients étrangers, même payés sur un compte étranger. Le critère est le lieu d'exécution du travail, pas la nationalité du client ni la localisation du compte. Un freelance qui travaille depuis Auckland est imposable à Wellington sur ces revenus, transitional resident ou pas. |
| Qui en profite vraiment | Les profils à revenus passifs : le rentier qui vit de dividendes étrangers, le retraité avec pensions et loyers à l'étranger, l'entrepreneur qui a vendu sa société et vit de son portefeuille. Pour eux, quatre ans d'exonération réelle, le temps de réorganiser le patrimoine. Pour un travailleur actif : rien, ou presque. |
| La falaise de la cinquième année | À l'expiration : imposition mondiale complète, et notamment les règles FIF, l'une des fiscalités de portefeuille les plus singulières au monde : au-delà d'un seuil modeste de portefeuille étranger, la Nouvelle-Zélande taxe chaque année un rendement réputé d'environ 5 % de la valeur de vos placements étrangers, que vous ayez gagné, rien perdu ou tout perdu. Un impôt annuel sur une plus-value fictive, dû même les années de baisse. Pour un investisseur international, c'est le vrai visage fiscal du pays après la parenthèse. |
La Nouvelle-Zélande face au Paraguay

| Aspect | Paraguay | Nouvelle-Zélande |
|---|---|---|
| Principe | Territorialité stricte, loi 6380/2019 : les revenus de source étrangère sont hors du champ de l'impôt, activité comprise, pour tous, pour toujours. | Imposition mondiale au barème, jusqu'à 39 %, avec une parenthèse de quatre ans sur les seuls revenus passifs étrangers. |
| Freelance à 100 000 € par an | 0 € d'impôt, environ 2 400 € de comptabilité : ~97 600 € nets. | Travail effectué sur place : imposable dès le premier jour. Impôt d'environ 25 à 30 % effectif, plus la cotisation accidents ACC pour les indépendants : ~68 000 à 73 000 € nets. Écart avec le Paraguay : 25 000 à 30 000 € par an, 125 000 à 150 000 € sur cinq ans. À noter honnêtement : pas de cotisations sociales lourdes à l'européenne, la retraite publique étant financée par l'impôt général. Le prélèvement néo-zélandais est plus doux que le français ; il reste infiniment plus lourd que le paraguayen. |
| Impôt sur les sociétés | IRACIS : 10 %. | 28 %, avec un système d'imputation qui évite la double imposition des dividendes domestiques. Près de trois fois le taux paraguayen. |
| TVA | IVA de 10 %. | GST de 15 %, à assiette très large, quasi sans exemption. |
| Plus-values | 0 % sur les plus-values de source étrangère. | Particularité mondiale : pas d'impôt général sur les plus-values. Vendre des actions néo-zélandaises ou sa maison avec profit est en principe non imposé, hors cas de revente spéculative. Un vrai atout du pays, à créditer honnêtement. Mais il est neutralisé pour les placements étrangers par les règles FIF, qui taxent un rendement fictif annuel : l'investisseur international paie chaque année, gain ou pas. |
| Cryptomonnaies | Territorialité : gains de source étrangère hors du champ de l'impôt. Obligation déclarative auprès de la DNIT au-delà de 5 000 USD par an, Résolution 47/2026, purement informative. | Les cryptos acquises en vue de leur revente, l'hypothèse par défaut de l'administration, sont imposées comme du revenu au barème, jusqu'à 39 % : l'un des régimes crypto les plus durs de notre série. |
| Successions | 0 % pour tous. | Pas de droits de succession : abolis de longue date. Égalité avec le Paraguay sur ce point. |
| Convention fiscale avec la France | Aucune. | Oui, avec échange automatique d'informations. |
Verdict fiscal : la Nouvelle-Zélande a une fiscalité originale, honnête et cohérente : pas de plus-values, pas de droits de succession, pas de cotisations à l'européenne, mais un barème plein sur le travail, des FIF rules redoutables sur les portefeuilles étrangers, et une exonération de quatre ans qui ne couvre justement pas ce dont vit un freelance. Pour notre profil type, l'écart avec le Paraguay est de 125 000 à 150 000 € sur cinq ans, et il s'aggrave à la cinquième année quand les FIF s'ajoutent.
Dimension 2 : le coût de la vie
| Poste mensuel | Paraguay (Asunción) | Nouvelle-Zélande (Auckland / Wellington) |
|---|---|---|
| Loyer, deux chambres | 500 à 900 USD | 1 500 à 2 500 € : Auckland compte parmi les marchés immobiliers les plus tendus du monde développé, à l'achat comme à la location |
| Charges | 80 à 150 USD | 150 à 300 € : électricité chère, et des logements souvent mal isolés qui se chauffent mal l'hiver austral |
| Alimentation | 300 à 600 USD | 400 à 800 € : île oblige, une grande partie des produits est importée à prix fort, et même les produits locaux sont chers à l'export près |
| Santé | 50 à 300 USD, au choix | Public gratuit pour les résidents, correct mais avec des listes d'attente ; privé complémentaire de 50 à 200 € |
| Transport | 80 à 200 USD | 100 à 350 € : voiture quasi indispensable hors centre, essence chère, transports publics limités hors Wellington |
| Aide ménagère à temps plein | 200 à 350 USD | 2 500 à 3 500 € au salaire minimum néo-zélandais : hors de portée, la catégorie n'existe pratiquement pas |
| Loisirs | 100 à 300 USD | 150 à 500 € : la nature est gratuite et grandiose, tout le reste est cher |
| Total, personne seule | 1 200 à 2 200 USD | 2 800 à 5 000 € |
Verdict coût de vie : la Nouvelle-Zélande est deux à trois fois plus chère que le Paraguay, et l'un des pays développés les plus coûteux hors grandes métropoles américaines. Le logement d'Auckland est un problème national documenté. Impôt plus coût de vie : notre freelance épargne 70 000 à 85 000 € par an au Paraguay, contre 15 000 à 35 000 € en Nouvelle-Zélande.
Dimension 3 : résidence, immigration et distance
| Aspect | Paraguay | Nouvelle-Zélande |
|---|---|---|
| Accès pour un Français | 90 jours de tourisme, puis résidence temporaire en 2 à 4 mois, avec un seul voyage et deux jours sur place via notre service de résidence fiscale paraguayenne, dès 1 400 €, sans condition d'âge ni de profession. | L'un des systèmes migratoires les plus sélectifs du monde : immigration à points fondée sur l'âge, moins de 55 ans en pratique pour la voie qualifiée, les diplômes, l'expérience dans des métiers en pénurie et souvent une offre d'emploi locale. Le working holiday visa, ouvert aux 18-30 ans français, est une belle porte d'entrée d'un an, mais un an seulement. Pour un freelance indépendant sans employeur néo-zélandais, il n'existe tout simplement pas de voie standard : le pays sélectionne des salariés qualifiés et des investisseurs fortunés, pas des travailleurs à distance. |
| Naturalisation | 3 ans, double nationalité de fait. Voir notre guide sur la double nationalité franco-paraguayenne. | 5 ans de résidence après l'obtention du statut de résident, lui-même long à décrocher. Le passeport néo-zélandais est excellent et la double nationalité acceptée ; le chemin complet dépasse souvent sept à huit ans. |
| La distance | Paris à environ 14-16 heures de vol avec une escale, décalage de 5 à 6 heures : un aller-retour en France reste un projet raisonnable, et les visioconférences avec l'Europe tombent dans votre matinée. | L'antipode exact de la France : 24 à 30 heures de voyage porte à porte, plus de 2 000 € l'aller-retour en saison, et 11 à 12 heures de décalage : quand Paris travaille, Auckland dort. Un appel client à 15 h à Paris, c'est 2 ou 3 heures du matin chez vous. Pour un indépendant à clientèle française, c'est le facteur tueur, avant même l'impôt : la collaboration en temps réel avec l'Europe est structurellement impossible. |
Verdict immigration et distance : le Paraguay accueille en quelques mois, sans condition de profil ; la Nouvelle-Zélande sélectionne durement et n'a pas de porte pour les freelances. Et la géographie ajoute son verdict : à douze heures de décalage de vos clients, la question fiscale devient presque secondaire.
Dimension 4 : la qualité de vie

| Aspect | Paraguay | Nouvelle-Zélande |
|---|---|---|
| Nature et paysages | Chaco, grands fleuves, nature peu valorisée. | Parmi les plus beaux du monde, sans exagération : fjords, glaciers, volcans, plages désertes, forêts primaires, le tout dans un pays grand comme les deux tiers de la France pour cinq millions d'habitants. Le rêve absolu des randonneurs, surfeurs et amoureux de nature sauvage. |
| Stabilité et gouvernance | Démocratie imparfaite mais réelle, corruption présente, institutions qui fonctionnent. | Systématiquement classée parmi les tout premiers pays du monde pour l'absence de corruption, la transparence, la facilité de faire des affaires et la confiance dans les institutions. Sur ce terrain, la référence mondiale. |
| Sécurité | Taux d'homicides de 7 à 9 pour 100 000. | Autour de 1 pour 100 000 : l'un des pays les plus sûrs du monde. Risque naturel en revanche bien réel : zone sismique active sur la ceinture de feu, séismes destructeurs dans l'histoire récente, volcans actifs. Le seul vrai risque du pays est géologique. |
| Santé | Privé de bon niveau à Asunción, public insuffisant. Voir notre guide santé de l'expatrié au Paraguay. | Public universel gratuit de bonne qualité, avec des listes d'attente sur le non-urgent, et un système unique de couverture des accidents pour tous. Nettement supérieur au Paraguay. |
| Climat | Subtropical, plus de 300 jours de soleil, chaleur. | Océanique tempéré, quatre saisons en une journée comme disent les locaux : doux, changeant, venteux à Wellington, pluvieux à l'ouest. Agréable sans être méditerranéen, et inversé : Noël en été, juillet en hiver. |
| Société et langue | Espagnol accessible, société latine chaleureuse, communauté francophone réduite. | Anglophone, société accueillante, décontractée et multiculturelle, culture maorie vivante. L'isolement social des expatriés est réel malgré tout : la famille et les amis sont à 19 000 kilomètres, et ce n'est pas une figure de style. |
Verdict qualité de vie : la Nouvelle-Zélande est objectivement l'un des meilleurs endroits du monde où vivre : nature inégalée, gouvernance exemplaire, sécurité totale. Ses trois limites sont le coût, la géologie et surtout la distance : c'est le pays le plus loin de la France qui existe, au sens littéral. Le Paraguay répond par le coût, le soleil, la proximité relative de l'Europe et un fuseau compatible avec vos clients.
Dimension 5 : la synthèse
| Dimension | Paraguay (/10) | Nouvelle-Zélande (/10) | Avantage |
|---|---|---|---|
| Fiscalité d'un freelance actif | 10 | 4 | Paraguay |
| Fiscalité des revenus passifs, 4 premières années | 10 | 8 | Paraguay |
| Fiscalité des portefeuilles étrangers après 4 ans | 10 | 2 | Paraguay |
| Crypto | 10 | 2 | Paraguay |
| Coût de vie | 9 | 3 | Paraguay |
| Accessibilité de la résidence | 10 | 2 | Paraguay |
| Naturalisation | 9 | 5 | Paraguay |
| Compatibilité horaire avec des clients européens | 8 | 1 | Paraguay |
| Nature et paysages | 4 | 10 | Nouvelle-Zélande |
| Gouvernance et absence de corruption | 5 | 10 | Nouvelle-Zélande |
| Sécurité criminelle | 7 | 10 | Nouvelle-Zélande |
| Santé | 6 | 8 | Nouvelle-Zélande |
| Catastrophes naturelles | 9 | 4 | Paraguay |
| Score global | 107/130 | 69/130 | Paraguay |
Quel pays pour quel profil
Le Paraguay est fait pour vous si :
- Vous travaillez : l'exonération néo-zélandaise ne couvre pas le travail effectué sur place, la territorialité paraguayenne couvre tout.
- Vos clients sont en Europe : 5-6 heures de décalage exploitables contre 11-12 heures rédhibitoires.
- Vous voulez une résidence accessible : dès 1 400 € sans condition de profil, contre un système à points qui n'a pas de case pour vous.
- Vous investissez à l'international : 0 % contre les FIF rules et leur rendement fictif taxé chaque année.
- Vous détenez des cryptos : hors du champ de l'impôt contre un barème jusqu'à 39 %.
- Vous voulez revoir votre famille plus d'une fois par an sans y consacrer trois jours de voyage et 2 000 €.
La Nouvelle-Zélande est faite pour vous si :
- Vous êtes rentier ou retraité à revenus passifs, éligible à une voie de résidence, et les quatre ans d'exonération vous laissent le temps de restructurer avant les FIF : le transitional resident a été conçu pour vous.
- Vous êtes un salarié qualifié dans un métier en pénurie, avec une offre d'emploi locale : l'immigration à points vous est ouverte, et les salaires néo-zélandais absorbent une partie du coût de vie.
- Vous avez moins de 31 ans : le working holiday visa offre un an de rêve néo-zélandais sans engagement, la meilleure façon de tester le pays.
- La nature sauvage est votre projet de vie, au sens plein : personne ne fait mieux, et vous acceptez la distance, le coût et l'impôt comme prix du décor.
- Vos clients sont en Asie-Pacifique ou aux États-Unis côte ouest : le fuseau devient alors exploitable.
La stratégie hybride
- Résidence fiscale au Paraguay : le 0 % total, la compatibilité horaire européenne, la base patrimoniale.
- La Nouvelle-Zélande en voyage, pas en résidence : trois semaines à un mois, une ou deux fois dans une vie, pour les fjords, les glaciers et les routes du Sud. C'est un pays qui se visite magnifiquement et s'habite difficilement depuis une vie professionnelle européenne.
- Le calcul est vite fait : l'écart fiscal d'une seule année au Paraguay finance le plus beau voyage néo-zélandais qui se puisse organiser, vols en classe affaires compris.
Les quatre erreurs à éviter dans ce choix
- Croire que le transitional resident couvre vos revenus de freelance. Il couvre les revenus passifs étrangers ; le travail effectué depuis la Nouvelle-Zélande est imposable dès le premier jour, clients étrangers ou pas. C'est l'erreur de lecture numéro un sur ce régime, entretenue par des résumés trop rapides.
- Découvrir les FIF rules après s'être installé. Passé les quatre ans, votre portefeuille étranger est taxé chaque année sur un rendement fictif d'environ 5 %, même les années de perte. Pour un patrimoine investi de 500 000 €, c'est un impôt annuel de plusieurs milliers d'euros déconnecté de vos gains réels. À connaître avant, pas après.
- Sous-estimer la distance au quotidien. Douze heures de décalage ne se « gèrent » pas : elles suppriment le temps réel avec l'Europe. Réunions nocturnes, réponses à J+1, famille vue une fois par an. Beaucoup d'expatriés européens repartent pour cette seule raison, le plus souvent entre la deuxième et la quatrième année.
- Confondre visiter et vivre. Trois semaines de road trip dans l'île du Sud sont inoubliables ; une vie à Auckland, c'est un loyer de 2 000 €, des courses chères, un travail taxé au barème et l'Europe à trente heures. Le pays du voyage et le pays de la résidence sont deux pays différents. Choisissez chacun pour ce qu'il est.
Conclusion

La Nouvelle-Zélande est peut-être le plus beau pays de notre série, et le moins adapté à son lectorat : son exonération de quatre ans ne couvre pas le travail, son système migratoire n'a pas de porte pour les indépendants, ses FIF rules pénalisent les investisseurs internationaux, son coût de vie est parmi les plus élevés du monde développé, et elle se trouve, au sens géographique strict, à l'exact opposé de vos clients et de votre famille. C'est un pays conçu pour les salariés qualifiés qu'il sélectionne et les rentiers en transition, pas pour les freelances européens.
Le Paraguay coche précisément les cases inverses : le travail à distance hors du champ de l'impôt, une résidence ouverte à tous, un fuseau aligné sur l'Europe, un coût de vie minimal et une famille à portée d'un vol raisonnable. Pour notre profil type, l'écart dépasse 125 000 € en cinq ans avant même de compter le coût de vie. Les fjords du Sud méritent le voyage d'une vie ; ils ne méritent pas d'y sacrifier la construction d'un patrimoine et douze heures de décalage avec tout ce qui compte.
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