Régime des impatriés en France : comment ça marche, pour qui, et pourquoi le Paraguay reste supérieur en 2026

Régime des impatriés en France : comment ça marche, pour qui, et pourquoi le Paraguay reste supérieur en 2026

La France a un problème : ses meilleurs talents partent, et elle n'arrive plus à attirer les talents étrangers. Pour tenter de corriger le tir, le législateur français a créé un dispositif fiscal avantageux pour les salariés et dirigeants étrangers (ou français revenant de l'étranger) qui s'installent en France : le régime des impatriés, codifié à l'article 155 B du CGI. Ce régime offre des exonérations significatives — prime d'impatriation exonérée, revenus passifs étrangers partiellement exonérés, et réduction de la base ISF/IFI pendant les premières années. Mais il est temporaire, conditionné, complexe, et réservé à un profil très spécifique.

Si vous êtes expatrié au Paraguay et que vous envisagez un retour en France — ou si vous hésitez entre rester au Paraguay et rentrer — ce guide vous explique exactement ce que le régime impatriés offre, pour qui il fonctionne, ses limites, et pourquoi la territorialité paraguayenne reste supérieure dans la quasi-totalité des cas. Et si vous n'envisagez pas du tout de rentrer, ce guide vous donne les arguments chiffrés pour convaincre votre entourage que rester au Paraguay est le choix rationnel.

Le régime des impatriés : l'article 155 B du CGI

L'objectif du dispositif

Le régime des impatriés a été créé en 2008 (loi de modernisation de l'économie) et renforcé en 2017 et 2022 avec un objectif clair : attirer en France des salariés et dirigeants de haut niveau en leur offrant un traitement fiscal temporairement avantageux. La France est en concurrence directe avec le Royaume-Uni (ancien non-dom), les Pays-Bas (30 % ruling), la Belgique (RSII), et le Portugal (ex-NHR) pour attirer les cadres internationaux — et le régime des impatriés est sa réponse.

Les conditions d'éligibilité

Pour bénéficier du régime des impatriés, vous devez remplir toutes les conditions suivantes :

  • Condition 1 — Non-résidence antérieure : vous ne devez PAS avoir été résident fiscal français pendant les 5 années civiles précédant votre prise de fonctions en France. Si vous avez été résident français au cours de l'une de ces 5 années, vous n'êtes pas éligible. Pour un expatrié au Paraguay depuis 2021 qui revient en France en 2027 : condition remplie (5 ans de non-résidence : 2022-2026).
  • Condition 2 — Prise de fonctions en France : vous devez prendre vos fonctions dans une entreprise établie en France. Cela couvre : le recrutement direct depuis l'étranger par une entreprise française, le détachement intra-groupe (une filiale étrangère vous envoie travailler dans la maison mère française ou une filiale française), et la mobilité intra-groupe (mutation d'une entité étrangère vers une entité française du même groupe). Les freelances et les indépendants ne sont PAS éligibles — il faut un contrat de travail (salarié ou dirigeant assimilé salarié).
  • Condition 3 — Établissement du domicile fiscal en France : vous devez devenir résident fiscal français à compter de votre prise de fonctions. Vous devez fixer votre domicile fiscal en France (vivre en France, y avoir votre foyer, y exercer votre activité principale).
  • Condition 4 — Pas de condition de nationalité : le régime est ouvert aux Français revenant de l'étranger ET aux étrangers qui viennent travailler en France. La nationalité n'est pas un critère.

Les avantages fiscaux

Le régime des impatriés offre trois avantages principaux :

Avantage 1 : Exonération de la prime d'impatriation

  • La "prime d'impatriation" est le supplément de rémunération versé en raison de l'impatriation (différentiel de coût de vie, indemnité d'installation, complément salarial lié à la mission en France). Cette prime est exonérée d'impôt sur le revenu.
  • Deux méthodes : soit le montant exact de la prime est identifié dans le contrat de travail (méthode de la prime réelle), soit une exonération forfaitaire de 30 % de la rémunération totale est appliquée (méthode forfaitaire — plus simple et souvent plus avantageuse).
  • Plafond : la prime exonérée ne peut pas excéder 50 % de la rémunération totale (pour éviter que toute la rémunération soit qualifiée de "prime d'impatriation").
  • Exemple : vous gagnez 200 000 €/an. La prime d'impatriation forfaitaire est de 30 % = 60 000 €. Votre base imposable est de 200 000 - 60 000 = 140 000 € (au lieu de 200 000 €). Économie d'impôt : ~20 000-25 000 €/an (selon votre tranche marginale).

Avantage 2 : Exonération partielle des revenus passifs étrangers

  • Certains revenus de source étrangère sont exonérés à 50 % d'IR : dividendes étrangers, intérêts étrangers, plus-values de cession de valeurs mobilières étrangères, et royalties étrangères.
  • Exemple : vous recevez 20 000 € de dividendes de votre portefeuille Interactive Brokers (ETF internationaux = source étrangère). Seuls 10 000 € sont imposables (50 % exonérés). Économie : ~3 000-6 000 € d'impôt selon votre tranche.
  • Attention : cette exonération est plafonnée. La somme de l'exonération de la prime d'impatriation + l'exonération des revenus passifs étrangers ne peut pas dépasser 50 % de la rémunération totale. Si votre prime d'impatriation à 30 % + vos revenus passifs exonérés dépassent 50 %, l'excédent est réintégré dans la base imposable.

Avantage 3 : Exonération IFI sur les actifs étrangers

  • Pendant les 5 premières années suivant l'établissement du domicile fiscal en France, seuls les biens immobiliers situés en France sont pris en compte pour l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière). Les biens immobiliers détenus à l'étranger (par exemple, un appartement au Paraguay ou un bien au Brésil) sont exclus de la base IFI.
  • Pertinent uniquement si votre patrimoine immobilier mondial dépasse 1,3 million € (seuil de l'IFI) et si vous avez des biens immobiliers à l'étranger. Pour la plupart des expatriés revenant du Paraguay : impact limité (sauf si vous avez constitué un portefeuille immobilier paraguayen significatif).

La durée du régime

Le régime des impatriés s'applique pendant une durée maximale de 8 ans (jusqu'au 31 décembre de la 8ème année suivant celle de la prise de fonctions en France). Passé ce délai, retour au régime de droit commun — barème progressif intégral (0-45 %) + PS (17,2 %) sur tous les revenus, sans exonération.

Année Régime applicable Exonération prime Exonération revenus étrangers Exonération IFI étrangers
Années 1-5 Régime impatriés Oui (30 % forfaitaire) Oui (50 %) Oui
Années 6-8 Régime impatriés (prolongé) Oui (30 % forfaitaire) Oui (50 %) Non (retour IFI normal)
Année 9+ Droit commun Non Non Non

Le comparatif décisif : impatriés France vs résidence Paraguay

Profil type : consultant à 200 000 €/an

Poste Régime impatriés France Résidence Paraguay
Revenu brut annuel 200 000 € 200 000 €
Cotisations sociales (part salarié) ~44 000 € (22 %) ~0 € (LLC US, pas de cotisations PY obligatoires sur revenus étrangers)
Base imposable IR ~109 000 € (200k - 44k cotisations - 60k prime impatriés 30 % × 200k, plafonné) 0 € (revenus étrangers = 0 % PY)
IR + PS ~30 000-35 000 € (barème + PS sur 109k) 0 €
Cotisations sociales (part employeur) ~80 000-90 000 € (40-45 % du brut — payé par l'employeur mais coût réel de l'emploi) N/A (LLC US, pas d'employeur français)
Coût fiscal total (salarié) ~74 000-79 000 € (cotisations salarié + IR + PS) ~360 € (comptabilité DNIT)
Revenu net après impôts et cotisations ~121 000-126 000 € ~199 640 € (200k - 360 comptabilité)
Coût de vie mensuel ~3 500-5 000 €/mois (Paris/Lyon) ~1 500-2 500 USD/mois (Asunción)
Épargne annuelle nette (estimée) ~60 000-80 000 € ~150 000-170 000 €
Durée du régime 8 ans max (puis droit commun 45 % + PS) Illimitée

Même avec le régime impatriés (le meilleur que la France offre), le consultant épargne 60 000-90 000 € de MOINS par an qu'au Paraguay. Sur 8 ans (durée du régime impatriés), le différentiel cumulé est de 480 000-720 000 € d'épargne supplémentaire au Paraguay. Et après 8 ans, quand le régime impatriés expire, le différentiel explose (retour au droit commun français = 45 % + PS vs toujours 0 % au Paraguay).

Profil type : dirigeant à 500 000 €/an

Poste Régime impatriés France Résidence Paraguay
Revenu brut annuel 500 000 € 500 000 €
Cotisations sociales (salarié) ~90 000 € (plafonnement partiel) ~0 €
Prime impatriés exonérée (30 %) 150 000 € (30 % × 500k), plafonné à 50 % de la rémunération = 250k max N/A
Base imposable IR ~260 000 € (500k - 90k cotis - 150k prime) 0 €
IR + PS + CEHR ~105 000-115 000 € 0 €
Coût fiscal total (salarié) ~195 000-205 000 € ~360 €
Revenu net ~295 000-305 000 € ~499 640 €
Différentiel annuel ~195 000-205 000 € de plus au Paraguay chaque année
Différentiel cumulé sur 8 ans ~1,56-1,64 million € de plus au Paraguay

Pour un dirigeant à 500 000 €/an, le régime impatriés fait économiser ~150 000 €/an par rapport au droit commun français — mais il reste ~200 000 €/an plus cher que le Paraguay. Sur 8 ans, le Paraguay génère ~1,6 million € d'épargne supplémentaire. C'est la différence entre prendre sa retraite à 50 ans (Paraguay) et travailler jusqu'à 65 ans (France avec régime impatriés).

Les limites du régime impatriés

Limite 1 : Réservé aux salariés et dirigeants

Le régime des impatriés est strictement réservé aux personnes qui prennent des fonctions salariées ou assimilées dans une entreprise française. Les profils suivants ne sont PAS éligibles :

  • Les freelances et les indépendants (BNC, micro-entreprise)
  • Les investisseurs (revenus de dividendes, loyers, plus-values — sauf dans le cadre de l'exonération des revenus passifs étrangers, qui nécessite un emploi salarié pour être activée)
  • Les retraités
  • Les entrepreneurs qui créent leur propre entreprise en France (sauf s'ils sont dirigeants assimilés salariés d'une SAS/SA)
  • Les personnes sans activité professionnelle (rentiers, inactifs)

Au Paraguay, la territorialité s'applique à tous les résidents — freelances, investisseurs, retraités, salariés, entrepreneurs, inactifs. Pas de condition de contrat de travail ni de type d'activité. C'est universel.

Limite 2 : Durée limitée (8 ans)

Le régime expire au bout de 8 ans. Le jour de l'expiration, vous passez au régime de droit commun : barème progressif intégral (0-45 %) + PS (17,2 %) + CEHR (3-4 % au-delà de 250 000 €/an) sur TOUS vos revenus mondiaux, sans exonération. Le choc fiscal est brutal :

Revenu Impôt avec impatriés (années 1-8) Impôt droit commun (année 9+) Hausse
200 000 € ~30 000-35 000 € ~65 000-70 000 € +100 %
500 000 € ~105 000-115 000 € ~230 000-250 000 € +100-120 %

Au Paraguay, il n'y a pas d'expiration. La territorialité est permanente. Année 1, année 8, année 20 — toujours 0 % sur les revenus étrangers. Pas de choc fiscal, pas de deadline, pas de transition vers un régime confiscatoire.

Limite 3 : Les cotisations sociales restent intégrales

Le régime impatriés exonère une partie de l'impôt sur le revenu — mais il n'exonère PAS les cotisations sociales. Un salarié impatrié en France paie les mêmes cotisations qu'un salarié français ordinaire : ~22 % de cotisations salarié + ~42 % de cotisations employeur = ~64 % du brut en charges sociales totales.

Pour un salaire de 200 000 € brut : ~128 000 € de cotisations totales (salarié + employeur). C'est plus que l'impôt. Le régime impatriés optimise l'IR mais ne touche pas au poste le plus lourd — les cotisations. Au Paraguay, un résident qui facture via LLC US ne paie PAS de cotisations sociales paraguayennes sur ses revenus étrangers (la LLC US n'est pas un employeur paraguayen). Le régime de sécurité sociale paraguayen (IPS) est facultatif pour les indépendants.

Limite 4 : La complexité administrative

Le régime impatriés est un dispositif complexe qui nécessite :

  • Un contrat de travail structuré mentionnant la prime d'impatriation (ou le choix de la méthode forfaitaire)
  • Une attestation de l'employeur certifiant le recrutement depuis l'étranger
  • La preuve de 5 ans de non-résidence fiscale française antérieure
  • Une déclaration spécifique auprès de l'administration fiscale (formulaire 2042 C + annexe impatriés)
  • Le suivi annuel de la répartition entre prime exonérée et rémunération imposable
  • Un comptable ou avocat fiscaliste spécialisé pour optimiser le dispositif (1 000-5 000 €/an)

Au Paraguay, la déclaration IRP est simple et gérée par votre comptable pour 30 €/mois. Pas de formulaire spécifique, pas d'attestation employeur, pas de calcul de prime forfaitaire. La simplicité administrative paraguayenne est un avantage compétitif réel — surtout quand on compare avec la bureaucratie fiscale française.

Limite 5 : L'exit tax au départ (si vous repartez après 8 ans)

Si après vos 8 ans de régime impatriés, vous décidez de quitter la France (par exemple, pour revenir au Paraguay), vous serez soumis à l'exit tax française sur les plus-values latentes de vos participations (si vous détenez des participations > 800 000 € ou > 50 % d'une société). Le piège : vous êtes venu en France pour 8 ans avec un régime avantageux, et quand vous repartez, la France taxe vos plus-values latentes au passage.

Si vous restez au Paraguay, il n'y a pas d'exit tax paraguayenne (le Paraguay ne taxe pas les plus-values sur les participations étrangères, et il n'y a pas de mécanisme d'exit tax en droit paraguayen).

Les profils pour lesquels le régime impatriés a du sens (malgré tout)

Profil 1 : Le cadre envoyé par son employeur

Si votre employeur multinational vous envoie travailler en France (détachement ou mutation intra-groupe), vous n'avez pas le choix du pays de résidence — votre employeur décide. Le régime impatriés optimise une situation imposée. C'est le cas d'usage original du dispositif : un cadre américain de McKinsey envoyé au bureau de Paris, un dirigeant allemand de BMW muté au siège français, un banquier singapourien détaché à BNP Paribas.

Pour ces profils, le régime impatriés est une optimisation dans le cadre d'une contrainte professionnelle. Ils ne comparent pas avec le Paraguay — ils comparent avec le droit commun français. Et le régime impatriés est significativement meilleur que le droit commun (30 % d'économie sur l'IR).

Profil 2 : Le Français qui DOIT rentrer

Certains expatriés français doivent rentrer en France pour des raisons non fiscales :

  • Parents âgés qui ont besoin d'assistance quotidienne
  • Enfants qui doivent intégrer le système scolaire français (prépa, grandes écoles)
  • Conjoint qui a une opportunité professionnelle en France
  • Raisons médicales (traitement spécialisé disponible uniquement en France)
  • Choix de vie (le Paraguay ne convenait plus, nostalgie, qualité de vie européenne préférée)

Pour ces profils, le régime impatriés adoucit le retour fiscal. Il ne remplace pas la territorialité paraguayenne (rien ne peut le faire) mais il réduit le choc : au lieu de passer de 0 % à 45 % du jour au lendemain, vous passez de 0 % à ~20-25 % pendant 8 ans (grâce à l'exonération de la prime), puis à 45 % au-delà. C'est mieux que rien.

Profil 3 : La stratégie "aller-retour" Paraguay-France-Paraguay

Certains expatriés envisagent un schéma en trois temps :

  1. Phase 1 (5-10 ans) : résidence au Paraguay. Capitalisation à 0 %. Construction du patrimoine.
  2. Phase 2 (8 ans) : retour en France avec régime impatriés. Raisons : enfants au lycée/université, parents à accompagner, envie de vie parisienne temporaire. Taxation réduite grâce au régime impatriés (30 % d'exonération sur la prime).
  3. Phase 3 (retour au Paraguay) : expiration du régime impatriés → départ de France → retour au Paraguay. Résidence PY récupérée, territorialité 0 % de nouveau.

Ce schéma est techniquement possible mais comporte des risques :

  • L'exit tax au départ de France : si vous avez accumulé des participations significatives pendant votre séjour en France, l'exit tax s'applique à votre re-départ (phase 3). Coût potentiellement élevé.
  • La condition des 5 ans de non-résidence : pour le deuxième retour en France (hypothétique phase 4 dans le futur), il faudrait à nouveau 5 ans de non-résidence pour être rééligible au régime impatriés.
  • Le coût d'opportunité : les 8 ans en France avec régime impatriés, c'est 8 ans de taxation significative (même réduite) au lieu de 0 % au Paraguay. Le patrimoine accumulé est moindre — la différence se chiffre en centaines de milliers d'euros.

Le régime impatriés vs les régimes équivalents à l'étranger

Comparatif européen des régimes d'impatriation

Pays Régime Avantage principal Durée Condition
France Art. 155 B CGI Exonération 30 % prime + 50 % revenus passifs étrangers 8 ans 5 ans non-résident, salarié/dirigeant
Pays-Bas 30 % ruling 30 % du salaire exonéré (considéré comme "frais extraterritoriaux") 5 ans (réduit de 8 ans en 2024) Recruté depuis l'étranger, compétences spécifiques, salaire min ~46 000 €
Belgique RSII (ex-cadres étrangers) 30 % du salaire exonéré (plafonné à 90 000 €/an) 5 + 3 ans (8 ans max) Recruté depuis l'étranger, salaire brut > 75 000 €
Italie Regime dei lavoratori impatriati 70 % du revenu exonéré d'IR (50 % dans les régions du nord) 5 ans (+ 5 ans si enfants ou achat immobilier) 2 ans non-résident, engagement de résider 2+ ans en Italie
Espagne Ley Beckham Flat tax 24 % sur les revenus espagnols (jusqu'à 600 000 €), revenus étrangers exonérés 6 ans 5 ans non-résident, salarié, dirigeant, ou entrepreneur innovant
Portugal NHR 2.0 (post-2024) 20 % flat tax sur certains revenus professionnels. Remplace l'ancien NHR. 10 ans Professions scientifiques/tech, 5 ans non-résident

L'Italie est de loin le plus généreux (70 % d'exonération — seuls 30 % de votre revenu sont imposés). L'Espagne offre un régime simple (flat tax 24 % + exonération des revenus étrangers). La France est dans la moyenne (30 % d'exonération, loin de l'Italie). Et tous ces régimes sont temporaires (5-10 ans), réservés aux salariés/dirigeants, et significativement plus taxants que le Paraguay.

Le Paraguay dans ce comparatif

Critère Meilleur régime impatriés européen (Italie) Paraguay (territorialité)
Taux effectif (revenu 200 000 €) ~13 % (30 % imposable × barème italien ~43 %) 0 %
Cotisations sociales ~33 % (part salarié ~9 % + part employeur ~24 %) ~0 % (LLC US, pas de cotisations PY)
Éligibilité Salariés/dirigeants, 2 ans non-résident Tous les résidents, aucune condition d'emploi
Durée 5-10 ans Illimitée
Coût de vie Élevé (Milan : 3 000-5 000 €/mois couple) Bas (Asunción : 1 500-2 500 USD/mois couple)
Nationalité accessible 10 ans (Italie) 3 ans

Même le régime italien (le plus généreux d'Europe) est significativement plus taxant que le Paraguay (13 % + cotisations vs 0 %). L'écart se réduit mais reste massif. Et le régime italien expire après 5-10 ans — le Paraguay ne expire jamais.

Le régime impatriés et le retour de l'expatrié paraguayen

Scénario : vous avez vécu 6 ans au Paraguay et vous rentrez en France

Si vous avez vécu au Paraguay pendant au moins 5 ans et que vous rentrez en France pour prendre un emploi salarié ou de dirigeant, vous êtes éligible au régime des impatriés (5 ans de non-résidence remplis). Voici ce qu'il faut savoir :

  • Déclencher le régime : la prise de fonctions en France active le régime. Informez votre employeur et votre comptable pour structurer le contrat avec la prime d'impatriation (ou choisir le forfait 30 %).
  • Vos comptes étrangers : déclarez TOUS vos comptes étrangers (Mercury Bank, Interactive Brokers, compte bancaire paraguayen) sur le formulaire 3916 dès votre première déclaration 2042 en tant que résident français. Le non-déclaration de comptes étrangers est sanctionné par 1 500-10 000 €/compte/an.
  • L'exonération des revenus passifs étrangers : vos dividendes d'ETF (Interactive Brokers), vos intérêts (Mercury Bank), et vos plus-values mobilières de source étrangère sont exonérés à 50 % pendant la durée du régime impatriés. C'est un avantage significatif si vous avez un portefeuille d'investissement constitué au Paraguay.
  • L'IFI : pendant les 5 premières années, vos biens immobiliers au Paraguay sont exclus de l'IFI. Si vous avez un patrimoine immobilier paraguayen significatif (via notre service immobilier), c'est un avantage.
  • Votre LLC US : si vous conservez votre LLC US en rentrant en France, les revenus de la LLC seront imposables en France (vous êtes redevenu résident français). Le régime impatriés n'exonère pas les revenus d'activité de la LLC — seulement les revenus passifs étrangers et la prime d'impatriation. La LLC US doit être restructurée (convertie en activité française ou fermée) ou vous acceptez la taxation française sur les revenus de la LLC (via l'article 123 bis ou comme BNC, selon la qualification).

Les erreurs à éviter au retour

  • Ne pas demander le régime : le régime impatriés n'est pas automatique. Il faut le demander activement (déclaration spécifique). Si vous ne le demandez pas, vous êtes au droit commun dès le jour 1. Ne perdez pas cet avantage par ignorance ou négligence.
  • Revenir trop tôt : si vous rentrez après 4 ans au Paraguay (au lieu de 5), vous n'êtes PAS éligible (5 ans de non-résidence requis). Chaque jour compte — planifiez votre retour pour respecter les 5 années civiles complètes.
  • Garder la LLC US sans l'adapter : votre LLC US, parfaitement adaptée à la résidence PY, devient un problème en résidence française. Les revenus de la LLC sont imposables en France (résidence = imposition mondiale). Fermez la LLC, transformez-la en filiale française, ou acceptez la taxation française — mais ne laissez pas la LLC "tourner" en espérant que la France ne la voie pas (elle la verra via le CRS et le formulaire 5472).
  • Oublier l'exit tax au re-départ : si vous repartez de France après 8 ans, l'exit tax s'applique sur les plus-values latentes de vos participations (si applicables). Planifiez le re-départ en amont avec votre avocat fiscaliste.

L'évolution du régime impatriés : tendances 2026

Les réformes récentes et en discussion

  • Loi de Finances 2024 : extension de la durée du régime de 5 à 8 ans (renforcement de l'attractivité pour compenser la suppression du NHR portugais et du non-dom britannique). Élargissement aux investisseurs étrangers dans certains cas (conditions strictes).
  • Discussions 2025-2026 : certains parlementaires proposent d'ouvrir le régime aux freelances et entrepreneurs (actuellement réservé aux salariés/dirigeants). D'autres proposent de l'étendre à 10 ans (comme le NHR portugais historique). Aucune de ces propositions n'a abouti en 2026.
  • Tendance : la France renforce progressivement son régime impatriés — mais elle reste loin derrière l'Italie, l'Espagne, et surtout le Paraguay. Les réformes sont cosmétiques (quelques années de plus, quelques pourcents de plus) et ne changent pas l'équation fondamentale : la France taxe ses résidents sur le revenu mondial, le Paraguay ne taxe pas les revenus étrangers.

Le régime impatriés est un pansement, pas un remède

Le régime des impatriés est l'aveu implicite que la fiscalité française est non-compétitive :

  • Si la France avait des taux normaux, elle n'aurait pas besoin de régimes spéciaux pour attirer les talents.
  • Le régime impatriés dit : « Nous savons que nos impôts sont trop élevés. Alors pour les 8 premières années, on fait une exception. Après, on vous matraque comme tout le monde. »
  • C'est un pansement temporaire sur un problème structurel. Le Paraguay n'a pas besoin de régime impatriés parce que son régime NORMAL est déjà attractif (territorialité 0 % pour tout le monde).

Conclusion

Le régime des impatriés (article 155 B du CGI) est le meilleur dispositif fiscal que la France offre aux salariés et dirigeants qui s'installent ou reviennent en France : exonération de 30 % de la rémunération (prime d'impatriation), exonération de 50 % des revenus passifs étrangers, et exclusion IFI des biens immobiliers étrangers pendant 5 ans. Le tout pour une durée maximale de 8 ans.

C'est un bon dispositif — dans le contexte français. Mais dans le contexte mondial, c'est un dispositif qui reste massivement moins avantageux que la territorialité paraguayenne :

  • Exonération 30 % de la rémunération (France) vs 0 % sur tous les revenus étrangers (Paraguay)
  • Cotisations sociales intégrales (France, ~22 % salarié + ~42 % employeur) vs aucune cotisation obligatoire (Paraguay, LLC US)
  • Durée limitée 8 ans puis 45 % + PS (France) vs durée illimitée à 0 % (Paraguay)
  • Réservé aux salariés (France) vs ouvert à tous les résidents (Paraguay)
  • Coût de vie élevé (France) vs coût de vie bas (Paraguay)

Le régime impatriés a du sens dans deux cas : quand votre employeur vous envoie en France (vous n'avez pas le choix du pays) ou quand vous devez rentrer en France pour des raisons personnelles (parents, enfants, santé). Dans tous les autres cas, la résidence paraguayenne est objectivement supérieure — et le différentiel cumulé se chiffre en centaines de milliers (voire millions) d'euros sur une carrière.

La France essaie d'attirer les talents avec des exceptions temporaires à son régime confiscatoire. Le Paraguay attire les talents avec un régime permanent qui ne nécessite aucune exception — parce que la règle elle-même est attractive.

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