Restaurants et bars d'Asunción : le guide gastronomique du Paraguay

Restaurants et bars d'Asunción : le guide gastronomique du Paraguay

La gastronomie paraguayenne est probablement la moins connue d'Amérique du Sud. Pendant que le ceviche péruvien, l'asado argentin, les tacos mexicains et la feijoada brésilienne se sont exportés partout, la cuisine du Paraguay est restée discrète, y compris auprès des voyageurs qui traversent la région. C'est dommage, parce qu'elle a une vraie identité : un héritage guaraní, des apports espagnols, des influences argentines et brésiliennes, une cuisine de la terre, du feu et du partage, qui se découvre autour d'un asado, un tereré à la main.

Et la scène gastronomique d'Asunción s'est nettement étoffée ces dernières années. Les restaurants se multiplient, les chefs prennent des risques, les bars à cocktails et les cafés de spécialité se sont installés, des rooftops ouvrent sur les nouvelles tours. La ville n'est plus une destination culinaire anecdotique. Et les prix restent très inférieurs à ceux d'une capitale européenne, pour un niveau qui surprend souvent les nouveaux arrivants. Ce guide fait le tour des plats à connaître, des catégories de restaurants, des quartiers, des bars et des usages locaux, avec les repères pratiques qui manquent quand on débarque.

La cuisine paraguayenne : les plats à connaître

Les incontournables

Les ordres de prix qui suivent sont indicatifs, en dollars pour faciliter la lecture, et varient selon le quartier, le standing et la saison.

Plat Description Où le trouver Ordre de prix
L'asado L'asado n'est pas un repas, c'est un rituel. Le feu, les braises plutôt que les flammes, la viande qui cuit lentement pendant une à trois heures, et la patience comme ingrédient principal. Les découpes de référence : le bife de chorizo, faux-filet épais et juteux, le plus commandé ; le vacío, bavette au goût plus intense, souvent préférée des habitués ; l'asado de tira, travers coupés en lanières et cuits longuement jusqu'à ce que la viande se détache ; la costilla, côtes épaisses qui demandent plusieurs heures ; et les chorizos, saucisses de porc servies en entrée avec du chimichurri, sauce verte à base de persil, d'ail, de vinaigre et d'huile. Autour, la mandioca frite, la sopa paraguaya, une salade de tomates et d'oignons, du chipá. Si un Paraguayen vous invite à son asado, acceptez : c'est le meilleur repas que vous ferez dans le pays, et une marque de considération réelle. Les parrillas, restaurants spécialisés dans la viande grillée, présentes dans tous les quartiers. Les meilleures adresses se transmettent oralement et changent au fil des années : posez la question autour de vous, ¿cuál es la mejor parrilla?, chacun a sa réponse et la défendra. À domicile, la plupart des résidences disposent d'un quincho, l'espace barbecue commun, à réserver pour un dimanche. Pour un asado maison, comptez généreusement en viande et prévoyez charbon, boissons et accompagnements : le coût par personne reste très inférieur au restaurant. De dix à vingt-cinq dollars par personne dans une parrilla courante, davantage dans les établissements haut de gamme. Nettement moins à la maison.
L'empanada Le en-cas national : un chausson de pâte farci de viande, de fromage, de poulet, de jambon ou de maïs, qui se mange à toute heure. Les versions paraguayennes se distinguent des argentines : souvent frites plutôt que cuites au four, pâte plus épaisse et plus croustillante, garniture plus sobre, généralement viande hachée, œuf et oignon, sans raisins secs ni olives. Rustique et efficace. Les empanaderías, les stands de rue, le rayon traiteur des supermarchés. La différence entre une empanada fraîche et une version industrielle réchauffée est considérable : privilégiez les commerces où la production est visible et le débit important, gage de fraîcheur. Moins d'un dollar à un dollar et demi la pièce. Trois ou quatre constituent un repas complet, ce qui en fait le déjeuner le plus économique de la ville.
La sopa paraguaya Une soupe qui n'en est pas une : un gâteau salé à base de farine de maïs, de fromage, d'œufs et d'oignon, cuit au four, à la texture dense et moelleuse. Elle accompagne l'asado et la plupart des repas traditionnels. C'est le pain du Paraguay, et l'un des plats qui séduit le plus rapidement les palais français. Restaurants traditionnels, ferias, boulangeries, rayon traiteur. La recette est simple et se réalise très bien chez soi avec des ingrédients disponibles partout. Un à trois dollars la portion au restaurant, moins sur les marchés. Un plat entier fait maison nourrit une tablée.
Le chipa guasú Le grand chipá : un gâteau de maïs frais râpé, mélangé à du fromage, des œufs et du lait, cuit au four. La texture est crémeuse, le goût doux et légèrement sucré. C'est un plat de réconfort, que l'on prépare volontiers quand il fait frais. Restaurants traditionnels, ferias, boulangeries, ou fait maison. C'est un plat de saison : il se prépare avec le maïs frais de l'été austral, et la version au maïs congelé, correcte, n'a pas la même finesse. De deux à cinq dollars la portion
La milanesa L'escalope panée héritée de l'immigration italienne, adoptée dans tout le Cône Sud. La version paraguayenne est large et fine, servie avec du riz, de la mandioca et une salade, en bœuf, poulet ou porc. La déclinaison a la napolitana, avec jambon, fromage fondu et sauce tomate, est le plat réconfort par excellence, un cousin très généreux du cordon-bleu. Sur toutes les cartes, du restaurant de quartier à la table plus soignée. C'est le plat universel du pays. De quatre à dix dollars. Copieux, souvent partageable.
Le mbejú Une galette de fécule de manioc et de fromage, cuite à la poêle, croustillante à l'extérieur et filante à l'intérieur. Elle se mange au petit-déjeuner ou au goûter, avec du cocido. C'est le réconfort des matins frais d'hiver. Ferias, vendeurs de rue, restaurants traditionnels, rayon traiteur. Frais, il n'a rien à voir avec sa version emballée. La préparation maison prend un quart d'heure, avec quatre ingrédients. Moins d'un dollar à deux dollars la portion
Le tereré La boisson nationale : le maté préparé à l'eau froide, avec des herbes fraîches. Ce n'est pas seulement une boisson, c'est un rituel social. La guampa circule de main en main entre amis, collègues et voisins, et se voir proposer une gorgée est une marque d'inclusion. Les yuyos, herbes pilées ajoutées à l'eau, se choisissent selon l'humeur et la saison : menthe pour la fraîcheur, cédron, burrito et bien d'autres, chacune ayant sa réputation dans la culture locale. Ces usages traditionnels ne remplacent évidemment pas un avis médical, et certaines plantes peuvent interagir avec des traitements : si vous suivez un traitement au long cours ou si vous êtes enceinte, parlez-en à votre médecin. Partout : kiosques, marchés, supermarchés. Le nécessaire complet, yerba, guampa et bombilla, représente un investissement modeste et durable. Un point d'hygiène rarement évoqué mais réel : partager une bombilla favorise la transmission des infections respiratoires et orales. En période de circulation virale, ou si vous êtes enrhumé, décliner poliment ou utiliser sa propre paille n'a rien d'offensant. Quelques dizaines de centimes par jour à l'usage

Les restaurants : par catégorie

Les parrillas

Gamme Description Budget par personne Où les trouver
Parrillas populaires Les grills de quartier, sans décorum : tables simples, service direct, cuisinier souvent propriétaire, portions considérables et viande excellente. L'ambiance est bruyante et vivante. Beaucoup d'expatriés qui les découvrent y reviennent plus souvent qu'aux adresses plus policées. Un repère utile : une salle pleine de clients locaux à l'heure du déjeuner en dit plus long que n'importe quel avis en ligne, et garantit aussi une rotation rapide des produits. De cinq à douze dollars, viande, accompagnements et boisson compris Les quartiers résidentiels, les abords des marchés, les bords de route. Les chauffeurs et les artisans connaissent les meilleures adresses, ce sont eux qui y déjeunent.
Parrillas intermédiaires Des établissements installés, climatisés, au service attentif, avec une carte des vins régionale correcte et des découpes variées. Le vocabulaire des cuissons est simple et utile à connaître : jugoso pour saignant, a punto pour à point, bien cocido pour bien cuit. L'habitude locale penche vers une cuisson plus poussée que la française ; demandez jugoso si vous préférez le rosé, la demande est parfaitement comprise. Pour la viande hachée et pour les enfants, en revanche, une cuisson à cœur reste la règle. De douze à vingt-cinq dollars Les quartiers centraux et les grandes avenues
Parrillas haut de gamme Décor soigné, viandes maturées, découpes sélectionnées, accompagnements travaillés, conseil sur les vins et service soutenu. C'est le registre des occasions, des anniversaires et des dîners d'affaires. À partir de vingt-cinq dollars, souvent davantage Les quartiers centraux, les zones hôtelières et les galeries commerçantes haut de gamme

La cuisine internationale à Asunción

Sushi illustrant la cuisine internationale à Asunción

Cuisine Ce qu'il faut savoir Budget
Japonaise C'est l'une des bonnes surprises de la ville. Le Paraguay accueille depuis des décennies une communauté d'origine japonaise importante, notamment dans les colonies agricoles du pays, et la restauration japonaise d'Asunción en bénéficie directement : sushis, sashimis, ramens et tempuras y sont d'un niveau que peu de nouveaux arrivants anticipent. Comme partout avec le poisson cru, la qualité dépend entièrement de la chaîne du froid : privilégiez les établissements réputés et fréquentés. Le poisson cru est par ailleurs déconseillé aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes immunodéprimées. De douze à trente dollars par personne
Italienne L'influence italienne est ancienne et l'offre est abondante : pâtes souvent fraîches, sauces maison, gnocchis, risottos. Les pizzas locales se distinguent par une pâte plus épaisse et une garniture généreuse ; la version cuite au four à pierre constitue le registre supérieur. Une pizza nourrit facilement une à deux personnes. De huit à vingt dollars par personne
Brésilienne La proximité de la frontière explique la présence de churrascarias fonctionnant en rodízio : les serveurs passent en salle avec des broches de viande et servent à volonté, jusqu'à ce que vous fassiez signe d'arrêter. Le rapport quantité-prix est imbattable, avec un buffet d'accompagnements en complément. Formule spectaculaire, à aborder sans esprit de performance : le principe du service continu pousse mécaniquement à manger au-delà de sa faim. De douze à vingt-cinq dollars par personne, tout compris
Coréenne Une communauté coréenne établie de longue date fait vivre des restaurants authentiques, souvent discrets et situés dans des rues secondaires : les meilleures adresses ne sont pas toujours référencées en ligne, et le bouche-à-oreille reste la meilleure source. Le barbecue coréen, cuit à table, est convivial, et les banchan, petits plats d'accompagnement, sont resservis à volonté. De huit à dix-huit dollars par personne
Française L'offre est réduite, quelques tables tenues par des chefs français ou formés en France, sur un registre plutôt soigné : entrées classiques, viandes, pâtisserie. Les prix se situent dans le haut du marché local et les adresses évoluent, certaines ouvrant et fermant au fil des années. Les groupes d'expatriés sont la source la plus à jour pour savoir ce qui est ouvert et ce qui vaut le détour au moment où vous cherchez. De quinze à quarante dollars par personne
Péruvienne Bien représentée, avec les classiques : ceviche, causas, lomo saltado. Les versions locales utilisent parfois des poissons de rivière, ce qui donne des ceviches proprement paraguayens. Deux points de vigilance sur le poisson cru mariné : la marinade au citron ne stérilise pas le poisson, et le poisson d'eau douce cru présente un risque parasitaire spécifique. Choisissez des établissements sérieux, et abstenez-vous si vous relevez de l'un des publics fragiles mentionnés plus haut. De dix à vingt-cinq dollars par personne
Restauration rapide et cuisine de rue Les grandes chaînes internationales et régionales sont présentes partout, à des tarifs comparables à ceux qu'on connaît ailleurs. La cuisine de rue est bien plus intéressante : empanadas, lomitos, choripanes, chipás, vendus à chaque coin de rue pour quelques dollars. Le lomito est le sandwich national, un pain garni de viande, jambon, fromage, œuf et crudités, de dimensions considérables, et le classique de fin de soirée. Pour la cuisine de rue, les repères habituels s'appliquent : un stand fréquenté avec un fort débit, une cuisson devant vous, des produits chauds servis chauds. Méfiez-vous plutôt des préparations tièdes exposées longtemps, en particulier celles à base de mayonnaise sous la chaleur. De un à cinq dollars pour la cuisine de rue

Les quartiers gastronomiques

Où manger à Asunción

Quartier Ambiance Ce qu'on y trouve Budget
Villa Morra et Carmelitas Le cœur gastronomique de la capitale. Les rues concentrent restaurants, bars et cafés, les terrasses s'animent en soirée, et l'ambiance est nettement cosmopolite. C'est là que se retrouvent expatriés, cadres, diplomates et entrepreneurs. Toutes les cuisines représentées : parrillas haut de gamme, japonais, italien, péruvien, coréen, français, cafés de spécialité, bars à cocktails, rooftops. La densité d'établissements est la plus forte de la ville, dans un périmètre restreint et facile à parcourir à pied. De dix à quarante dollars par personne
Paseo Carmelitas La rue la plus animée d'Asunción en soirée : terrasses, musiciens, familles, groupes d'amis. Les vendredis et samedis, l'affluence est forte et l'ambiance festive. Le verbe carmelitear existe dans le langage courant, et désigne le fait d'y sortir. Bars, restaurants, glaciers, crêperies, burgers, cocktails. C'est le point de départ classique d'un nouvel arrivant qui découvre les sorties d'Asunción. De huit à vingt-cinq dollars par personne
Le centre historique Le vieil Asunción, ses bâtiments coloniaux et ses institutions. Le quartier est historique, mais aussi le domaine de la cuisine locale la plus authentique, avec une clientèle de travailleurs plutôt que de visiteurs. L'animation y est diurne : la vie s'y concentre autour du déjeuner, et l'ambiance change nettement une fois les bureaux fermés, ce qui vaut d'être pris en compte pour la soirée. Restaurants traditionnels, cantines, empanaderías, chiperías, stands de lomito. C'est ici que le menú del día prend tout son sens : plat, boisson et parfois dessert pour quelques dollars. De trois à douze dollars par personne
Les galeries commerçantes Les centres commerciaux tiennent au Paraguay un rôle social qu'ils n'ont pas en France : ce sont des lieux de sortie familiale le week-end, climatisés et sûrs, particulièrement appréciés en saison chaude. Espaces de restauration réunissant de nombreuses options, chaînes nationales et internationales, tables intermédiaires. La qualité est correcte, le choix large, et la climatisation constitue un argument réel quand la température extérieure devient difficile. De six à vingt dollars par personne
La Costanera Les tables installées le long du fleuve, avec vue dégagée sur l'eau. C'est le lieu du coucher de soleil, des apéritifs entre amis et des dîners en tête-à-tête. Les couleurs du ciel sur le fleuve Paraguay justifient à elles seules le déplacement. Établissements intermédiaires à haut de gamme, parrillas, bars et cafés. La vue se paie d'un léger supplément par rapport aux mêmes prestations ailleurs en ville. De douze à trente-cinq dollars par personne

Les bars et la vie nocturne

Cocktails illustrant la vie nocturne et les bars d'Asunción

Les bars d'Asunción

Type de bar Ambiance Ordre de prix
Bars à cocktails C'est l'une des évolutions les plus visibles de la ville. Les barmen locaux, dont certains se sont formés à l'étranger, travaillent des ingrédients du pays : eau-de-vie de canne, fruits locaux comme le fruit de la passion, herbes fraîches du répertoire du tereré. Les cartes sont créatives et le niveau technique est réel. Une carte de mocktails soignée est proposée par la plupart des bonnes adresses, ce qui rend la sortie aussi agréable si vous ne buvez pas d'alcool. De quatre à dix dollars le cocktail, nettement moins qu'à Paris à qualité comparable Les quartiers centraux, principalement Villa Morra et Carmelitas. Les meilleures adresses changent régulièrement : les recommandations des groupes d'expatriés sont plus fiables qu'un classement en ligne.
Bars à bière artisanale La brasserie artisanale s'est bien développée au Paraguay, avec des bars spécialisés proposant une sélection à la pression, des dégustations et des événements réguliers. Les bières industrielles locales, légères et très rafraîchissantes, restent parfaitement adaptées au climat et coûtent une fraction du prix des artisanales. Notez que les bières artisanales titrent souvent bien plus que les blondes locales : la comparaison ne se fait pas verre pour verre. Autour d'un dollar pour une bière industrielle, de trois à six dollars pour une artisanale. Les périodes de promotion en début de soirée sont courantes et généreuses. Quartiers centraux, et de plus en plus d'adresses dans les autres quartiers
Bars de quartier Les bares populaires, tables sur le trottoir, bière fraîche, musique et conversations en espagnol et en guaraní. C'est la vie sociale paraguayenne dans sa forme la plus directe, et l'hospitalité y est réelle : il n'est pas rare qu'on vous propose de vous asseoir. Ces adresses ne figurent pas sur les cartes en ligne, elles se découvrent en marchant. Le budget le plus bas de la ville : environ un dollar la bière, quelques dollars pour de quoi accompagner Chaque quartier a les siens
Rooftops Phénomène récent, porté par les nouvelles tours et les hôtels : cocktails avec vue sur la ville et sur le fleuve, ambiance plus internationale, programmation musicale en fin de semaine. Le coucher de soleil depuis un toit d'Asunción est l'un des meilleurs moments à offrir à des visiteurs. De six à douze dollars le cocktail, le segment le plus cher de la ville, qui reste très en dessous des équivalents européens Quartiers centraux, hôtels et tours récentes

Deux points pratiques qui valent d'être posés clairement. D'abord, l'alcool est bon marché et les formules promotionnelles sont généreuses : le budget ne joue plus son rôle habituel de régulateur, et sous ce climat la déshydratation accélère les effets. Alternez avec de l'eau, mangez, et fixez-vous vos repères avant de sortir plutôt que pendant. Ensuite, ne prenez jamais le volant après avoir bu : conduire sous l'emprise de l'alcool est sanctionné au Paraguay comme ailleurs, et les VTC coûtent ici une somme dérisoire au regard de ce qui est en jeu. Prévoyez le retour en même temps que la sortie.

Les cafés

La scène café à Asunción

Le café a beaucoup changé en quelques années. Il y a peu, il se résumait à un cortado pris debout au comptoir d'une boulangerie. Aujourd'hui, les cafés de spécialité se sont multipliés dans la capitale : baristas formés, torréfaction locale ou grains importés de la région, méthodes douces et extractions travaillées, décoration soignée, wifi et prises. Ces établissements sont devenus le bureau de fait des travailleurs à distance, freelances et entrepreneurs, pour le prix d'une ou deux consommations. Un usage de courtoisie s'est installé : si vous occupez une table plusieurs heures, consommez régulièrement, et libérez la place aux heures de forte affluence.

Type Ordre de prix Commentaire
Expresso ou cortado classique Moins d'un dollar à un dollar et demi Le café du quotidien, pris au comptoir, dans les boulangeries, les kiosques et les restaurants.
Café de spécialité De deux à quatre dollars Baristas formés, grains sélectionnés, méthodes d'extraction variées. Le niveau soutient la comparaison avec une bonne adresse européenne, à un tarif inférieur.
Café glacé et infusions à froid De deux et demi à cinq dollars Indispensable en saison chaude, quand le café brûlant devient impensable. Les infusions à froid, longues et peu amères, sont particulièrement réussies.
Cocido con leche Moins d'un dollar La boisson chaude traditionnelle : de la yerba caramélisée avec du sucre, puis infusée et allongée de lait. Douce et sucrée, elle se boit au petit-déjeuner avec un chipá ou un mbejú. C'est le vrai café du matin paraguayen, à goûter au moins une fois.

Les astuces pour bien manger à Asunción

Les conseils pratiques

  • Le menú del día. Les restaurants de quartier proposent le midi une formule complète, plat, boisson et parfois dessert, pour quelques dollars : milanesa, viande grillée ou poulet, avec riz, mandioca et salade. C'est le repas le plus économique de la ville et souvent le plus authentique. C'est aussi ce que mangent les Paraguayens chaque jour.
  • Les horaires ne sont pas les vôtres. Le déjeuner est tôt, les salles se remplissent dès l'ouverture et les plats du jour s'épuisent vite : arrivez en avance pour avoir le choix. Le dîner, lui, est tardif : à dix-neuf heures les restaurants sont vides, l'animation arrive vers vingt et une heures. Le week-end, tout s'étire encore, et les stands de lomito tournent tard dans la nuit.
  • Les portions sont généreuses. Nettement plus qu'en France : une milanesa couvre l'assiette, une pièce de viande se partage souvent à deux, et les accompagnements arrivent à part. Le réflexe utile les premières semaines consiste à commander un plat pour deux et à compléter ensuite, plutôt que de gaspiller.
  • Le pourboire. Il n'est pas obligatoire mais il est d'usage, autour de dix pour cent dans les restaurants avec service. Dans les établissements populaires, un arrondi suffit. Vérifiez si un service est déjà porté sur l'addition avant d'ajouter.
  • Les réservations passent par messagerie. Pas par téléphone ni par courriel : un message suffit, du type Buenas, quisiera reservar una mesa para 4 personas, hoy a las 20:30, a nombre de…, avec confirmation dans l'heure. Réservez pour les vendredis et samedis soir, les bonnes adresses affichent complet.
  • L'eau. Le réseau d'Asunción est traité, mais la qualité en bout de ligne dépend de l'état des canalisations et des réservoirs de l'immeuble, ce qui varie beaucoup. L'usage courant, y compris chez les Paraguayens, est l'eau en bouteille ou filtrée à domicile, et c'est ce que nous conseillons au moins les premiers mois, le temps que votre organisme s'acclimate. Au restaurant, demandez agua mineral si vous préférez la bouteille à la carafe. Méfiez-vous aussi des glaçons dans les établissements de rue, moins des adresses installées.
  • Le paiement. Les cartes sont acceptées dans les quartiers centraux, mais les établissements populaires et les stands fonctionnent uniquement en espèces. Gardez de petites coupures : les vendeurs de rue n'ont pas la monnaie sur un gros billet.
  • Signalez vos allergies clairement. Deux mots à retenir si vous êtes concerné : soy alérgico a… suivi de l'aliment, et sin… pour demander une préparation sans tel ingrédient. Faites-les écrire en espagnol sur une note de votre téléphone : les traductions approximatives sont un mauvais pari quand l'enjeu est sérieux. Attention en particulier au fromage et aux œufs, omniprésents dans la cuisine paraguayenne, y compris là où on ne les attend pas.

Le budget alimentation

Le budget dépend surtout d'un arbitrage : la part de repas pris à la maison avec des produits locaux, et la part prise dehors. Voici les ordres de grandeur par poste, pour un couple menant une vie sociale active à Asunción.

Poste Ordre de grandeur mensuel
Courses à la maison, cuisine à base de produits locaux Le poste principal, mais nettement plus léger qu'en France
Déjeuners au restaurant en semaine, formule du jour Quelques dollars par repas, soit un budget mensuel modeste
Dîners au restaurant, quelques fois par mois De dix à trente-cinq dollars par personne selon l'adresse
Cafés De moins d'un dollar à quatre dollars l'unité
Sorties en bar Très variable, selon le type d'établissement
Livraison à domicile Coût du repas plus des frais de livraison réduits

La conclusion est cohérente avec ce qu'on observe sur le logement ou les loisirs : ce qui est produit et servi localement coûte beaucoup moins cher qu'en France, ce qui est importé se rapproche des prix européens. Un couple qui cuisine local et sort régulièrement dépense sensiblement moins qu'en France pour un niveau de vie supérieur en fréquence de sorties. À l'inverse, un train de vie exclusivement fondé sur les adresses haut de gamme et les produits importés efface une grande partie de cet écart. C'est un poste qui se pilote entièrement, et l'un des premiers sur lesquels un nouvel arrivant reprend la main.

Conclusion

Terrasse de restaurant illustrant l'ambiance gastronomique d'Asunción

La scène gastronomique d'Asunción réserve de bonnes surprises. La cuisine paraguayenne, généreuse et attachante, mérite d'être découverte pour elle-même : l'asado, les empanadas, la sopa paraguaya, le chipá, le mbejú, le lomito et le tereré racontent une histoire qui mêle héritage guaraní et apports européens. À côté, l'offre internationale est solide, avec une restauration japonaise d'un niveau inattendu, de bonnes tables italiennes et péruviennes, une scène cocktail créative, des cafés de spécialité en pleine expansion et des rooftops qui profitent des couchers de soleil sur le fleuve. Le tout à des tarifs très inférieurs à ceux d'une capitale européenne.

Quatre réflexes suffisent pour bien s'y prendre. Explorez les quartiers, ils ont chacun leur registre, du centre historique pour l'authenticité aux quartiers centraux pour la diversité, en passant par la Costanera pour la vue. Mangez local, c'est meilleur marché et souvent meilleur tout court. Demandez conseil autour de vous plutôt que de vous fier aux classements en ligne : les bonnes adresses circulent oralement ici, et poser la question est aussi une façon d'entrer en conversation. Et prenez le temps : au Paraguay, un repas est rarement seulement un repas, c'est le principal lieu de la vie sociale, et c'est probablement par la table que vous vous ferez vos premiers amis.

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