Faire ses courses au Paraguay : supermarchés, marchés et produits introuvables
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Le premier passage au supermarché est souvent le premier vrai choc culturel de l'installation. Les rayons regorgent de produits inconnus : mandioca, chipá, yerba mate, sopa paraguaya, fromages locaux, sachets d'herbes pour le tereré. Tout est en espagnol, et les prix s'affichent en guaraníes, avec un nombre de zéros qui rend toute évaluation impossible les premiers jours. Une bouteille d'huile à quarante mille guaraníes, est-ce cher ? Le réflexe à prendre est simple : divisez mentalement par le taux du jour, et en une semaine vous aurez vos repères. Dans le même temps, les produits que vous cherchez ne sont pas là, ou pas sous la forme attendue : le beurre doux, la crème épaisse, les fromages affinés, la baguette croustillante, le vin français à prix raisonnable. Ce guide indique où acheter quoi, à quel ordre de prix, et par quoi remplacer ce que vous ne trouverez pas.
La bonne nouvelle est que le Paraguay est un grand pays agricole. Bœuf, porc, volaille, riz, maïs, blé, fruits et légumes y sont produits en abondance, et les produits frais sont d'excellente qualité pour un budget très inférieur à ce qu'un Français connaît. La contrepartie est symétrique : tout ce qui est importé d'Europe coûte cher. L'arbitrage se pose donc dès les premières semaines, et il est plus alimentaire que financier : cuisiner avec les produits du pays, ou tenter de reconstituer une cuisine française à prix d'importation.
Les supermarchés : où faire ses courses

Les grandes chaînes
Le paysage se lit par format plutôt que par enseigne : des supermarchés de centre-ville positionnés sur la qualité et l'import, des enseignes généralistes de plus grande surface, des enseignes à dominante prix, des entrepôts de vente en volume et des supérettes de quartier. Les principaux acteurs présents à Asunción se répartissent ainsi.
| Enseigne | Positionnement | Points forts | Points d'attention |
|---|---|---|---|
| Stock | Format supérieur, implanté dans les quartiers centraux et les galeries commerciales, très fréquenté par les expatriés. | C'est là que le rayon import est le plus fourni : fromages européens, vins de la région et d'ailleurs, pâtes, conserves, épicerie fine. Les produits frais y sont soignés, la boucherie et le rayon marée bien tenus, et l'expérience d'achat est confortable, ce qui compte quand on ne maîtrise pas encore la langue. | C'est le format le plus cher de la place, en particulier sur les produits locaux qu'on trouve nettement moins cher ailleurs. Les surfaces restent modestes, le choix est donc parfois limité en dehors des catégories phares. |
| Superseis | Format généraliste, cœur de marché des familles paraguayennes. | Des surfaces plus grandes, un choix plus large en droguerie, hygiène et équipement de la maison, des promotions régulières relayées par l'application de l'enseigne. La boucherie propose la même viande paraguayenne que les enseignes plus chères, à un prix inférieur. | L'affluence peut être forte le week-end et l'attente en caisse s'allonge. Le rayon import est moins étoffé que dans le format supérieur. |
| España | Format orienté prix, implanté dans les quartiers plus populaires. | Les prix les plus bas des grandes surfaces sur les produits de base : riz, huile, sucre, farine, viandes courantes, fruits et légumes. Les opérations promotionnelles y sont fréquentes et agressives. | L'aménagement est fonctionnel et le confort d'achat secondaire. Les produits importés sont peu représentés et l'offre de fromages se limite aux références locales. La boucherie ne propose pas de découpes de gamme supérieure. |
| Biggie | Format entrepôt, vente en volume, destiné aux familles nombreuses, aux professionnels et aux foyers qui stockent. | Le prix au kilo ou à l'unité est nettement inférieur sur les conditionnements importants : sacs de riz, de farine et de sucre, packs d'eau et de boissons, produits d'entretien. Certaines références importées y apparaissent à des conditions intéressantes. | Les implantations sont périphériques, sur les grands axes ou en zone d'activité : un véhicule est nécessaire. Les quantités minimales conviennent mal à une personne seule, et l'économie disparaît si le produit se périme avant d'être consommé. |
| Real | Format généraliste, alternative directe au précédent. | Une offre équilibrée, des magasins bien tenus et des prix compétitifs sur le quotidien. | Le maillage géographique est plus restreint, ce qui en fait rarement l'enseigne principale d'un foyer. |
| Salemma | Format de proximité, présent dans la plupart des quartiers résidentiels. | La proximité immédiate : pain, lait, œufs, dépannage de dernière minute à quelques minutes à pied, sans sortir la voiture. | Assortiment restreint et prix un peu supérieurs à ceux d'une grande surface sur les mêmes références. C'est un complément, pas une solution de courses hebdomadaires. |
L'organisation qui fonctionne tient en quatre habitudes. Les courses principales une à deux fois par semaine dans une enseigne généraliste, pour les produits de base, la viande, les fruits et légumes et l'entretien. Les produits importés dans une enseigne dotée d'un vrai rayon import, en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un poste de plaisir et non de nécessité. Les achats en volume une à deux fois par mois dans un entrepôt, pour tout ce qui se conserve. Et la supérette du coin pour le reste. Vérifiez les applications des enseignes avant de partir, les promotions hebdomadaires y sont annoncées et l'écart est réel sur certaines références.
Les marchés : l'alternative locale

Les marchés d'Asunción
| Marché | Ce qu'on y trouve | Quand y aller | Conseils |
|---|---|---|---|
| Mercado 4 | Le plus grand marché de la capitale, un ensemble dense d'étals couvrant plusieurs pâtés de maisons. On y trouve à peu près tout : fruits, légumes, viande, poisson, épices, herbes médicinales, yerba mate en vrac, yuyos pour le tereré, mais aussi vêtements, ustensiles et artisanat. Les prix y sont sensiblement inférieurs à ceux des grandes surfaces, particulièrement sur les fruits, les légumes et les herbes. | Du lundi au samedi, à partir du petit matin. La matinée offre le meilleur choix ; en fin de journée les invendus se bradent, mais la fraîcheur n'est plus la même, ce qui compte sous ce climat. | C'est une expérience, et il faut y aller préparé. Les allées sont étroites et très fréquentées : appliquez les précautions valables dans tout marché urbain dense, sac fermé et près du corps, téléphone rangé, pas de bijoux apparents, et petites coupures plutôt qu'un gros billet à sortir devant chaque étal. Les prix sont affichés ou se discutent modérément. Pour une première visite, faites-vous accompagner de quelqu'un qui connaît les lieux : l'organisation ne se devine pas. Pour la viande et le poisson, venez tôt, apportez un sac isotherme et rentrez directement. |
| Mercado de Abasto | Le marché de gros en fruits et légumes de l'agglomération, où s'approvisionnent restaurants, hôtels et commerces. La vente se fait au colis plutôt qu'au kilo, à des prix sans équivalent au détail. | Très tôt le matin, les professionnels arrivant avant l'aube et les particuliers en début de matinée. L'activité retombe avant midi. | Le site est éloigné du centre et pensé pour les véhicules : prévoyez un transport, les colis sont lourds. Les quantités n'ont de sens qu'à plusieurs : une commande groupée entre voisins ou entre familles est la formule habituelle, à défaut de quoi une partie finira à la poubelle. Anticipez la conservation avant d'acheter, pas après. |
| Les ferias de quartier | Les marchés de quartier, installés un ou deux jours par semaine dans les rues résidentielles. Les étals sont tenus par des producteurs des environs : fruits, légumes, herbes, miel, œufs, fromages fermiers, et des préparations maison comme le chipá, les empanadas ou la sopa paraguaya. Les prix sont inférieurs à ceux des grandes surfaces et la fraîcheur est supérieure, les circuits étant courts. | Le plus souvent en matinée, le samedi ou le dimanche selon les quartiers. Le calendrier tourne : demandez à vos voisins ou au gardien de votre immeuble, ¿cuándo hay feria aquí? | C'est aussi le lieu de la vie de quartier, et l'un des meilleurs points d'entrée pour un nouvel arrivant : on y apprend les noms des fruits en espagnol et en guaraní, on y rencontre ses voisins, on y prend un café. Allez-y même sans liste de courses. Pour les fromages fermiers, demandez s'ils sont au lait pasteurisé, ¿es de leche pasteurizada? : les produits au lait cru sont déconseillés aux femmes enceintes, aux jeunes enfants, aux personnes âgées et aux personnes immunodéprimées. |
Les produits locaux à découvrir
Le guide des produits paraguayens
Les ordres de prix ci-dessous sont donnés à titre indicatif, en dollars pour faciliter la lecture. Ils varient avec la saison, le point de vente et le taux de change : prenez-les comme un repère de cadrage, pas comme une grille.
| Produit | Description | Ordre de prix | Où l'acheter |
|---|---|---|---|
| Mandioca | Le manioc, base de l'alimentation paraguayenne, occupe la place que la pomme de terre tient en France. Il se mange bouilli, frit, en purée ou au four, et accompagne pratiquement tous les repas. Frit, il est redoutable : croustillant dehors, fondant dedans. C'est en général la première adoption alimentaire des nouveaux arrivants. | Autour d'un demi-dollar le kilo | Partout : grandes surfaces, marchés, ferias. C'est l'un des produits les moins chers et les plus disponibles du pays. |
| Chipá | Un pain à base de fécule de manioc et de fromage, cuit au four, à la texture moelleuse et élastique. Il se mange au petit-déjeuner avec le café ou en en-cas à toute heure. Les chiperas en vendent aux carrefours et aux abords des places, et c'est l'un des marqueurs les plus immédiats de la gastronomie locale. | Quelques dizaines de centimes la pièce | Chez les chiperas, en boulangerie et au rayon boulangerie des grandes surfaces. Frais, il n'a rien à voir avec sa version emballée : achetez-le du jour. |
| Sopa paraguaya | Une soupe qui n'en est pas une : un gâteau salé à base de farine de maïs, d'œufs, de fromage et d'oignon, cuit au four, dense et nourrissant. C'est l'accompagnement traditionnel de l'asado, et souvent le plat qui réconcilie les Français avec la cuisine locale. | De l'ordre d'un à trois dollars la portion | Rayon traiteur des grandes surfaces, ferias, boulangeries et restaurants. La recette est simple et se réalise très bien à la maison en une petite heure. |
| Bœuf paraguayen | L'élevage bovin est l'une des grandes filières du pays, conduit très majoritairement au pâturage. La viande est savoureuse et les découpes suivent la nomenclature du Cône Sud : lomo pour le filet, bife de chorizo pour le faux-filet, asado de tira pour les travers, vacío pour la bavette. L'asado du dimanche est un rituel social autant qu'un repas, et s'y intéresser est l'une des façons les plus naturelles d'entrer dans la vie locale. | De quelques dollars le kilo pour les découpes à braiser à une dizaine pour le filet | Grandes surfaces, et surtout carnicerías de quartier, souvent moins chères et où le boucher coupe devant vous : un kilo de bife de chorizo, cortado fino. Demandez à vos voisins quelle boucherie ils fréquentent, la qualité varie d'une adresse à l'autre. |
| Yerba mate et tereré | La boisson nationale, chaude en hiver sous forme de mate, glacée en été sous forme de tereré. Le tereré se boit toute la journée, au travail comme dans la rue, et se partage : la guampa circule de main en main, avec des yuyos, herbes fraîches pilées ajoutées à l'eau froide. C'est un rituel social autant qu'une boisson, et l'invitation à y participer est presque toujours sincère. | Quelques dollars le kilo pour la yerba, matériel de quelques dollars également | Partout. Plusieurs grandes marques nationales se partagent le marché et chacun a la sienne : plutôt que de trancher à votre place, demandez à un voisin ou à un collègue, la question est un excellent prétexte à conversation. |
| Fruits tropicaux | Mangue, papaye, ananas, goyave, fruit de la passion, banane, agrumes : la production est abondante et les prix sans rapport avec ceux pratiqués en Europe pour les mêmes fruits. La saisonnalité est marquée, la mangue arrivant en abondance sur la fin de l'année et le début de l'été austral, période où les arbres des rues en laissent tomber en quantité. Ramasser un fruit sur la voie publique est d'usage courant, mais un arbre planté dans une cour appartient à quelqu'un : la question se pose avant de se servir. | De quelques dizaines de centimes à deux dollars le kilo selon le fruit et la saison | Les ferias d'abord, les marchés ensuite, les grandes surfaces pour la commodité. Achetez de saison, c'est là que le rapport qualité-prix est imbattable. |
| Fromages paraguayens | Ils ne ressemblent pas aux fromages français et gagnent à être jugés pour eux-mêmes. Le queso Paraguay, semi-ferme et légèrement acidulé, est l'ingrédient de base de la cuisine locale : chipá, sopa paraguaya, empanadas, milanesas. Le queso criollo, plus frais et plus doux, convient aux salades et aux sandwichs. Le queso de campo, fermier et artisanal, varie d'une exploitation à l'autre et se trouve surtout sur les ferias. | De trois à une dizaine de dollars le kilo selon le type | Grandes surfaces, ferias, crémeries et marchés. Pour les productions fermières, vérifiez la pasteurisation et la chaîne du froid, et consommez rapidement. |
Les produits introuvables et leurs substituts
Le guide de substitution pour les Français
| Produit recherché | Disponibilité | Solution |
|---|---|---|
| Beurre doux | Le beurre vendu couramment est salé. La mention à chercher est manteca sin sal, présente sur quelques références seulement, principalement dans les enseignes bien achalandées. | Regardez au rayon frais des grandes surfaces de centre-ville, les marques argentines et uruguayennes proposent des versions non salées. Sinon, faites-le vous-même : la crème liquide, crema de leche, est disponible partout et se transforme en beurre frais en une dizaine de minutes au batteur, une fois le petit-lait égoutté. Le résultat est excellent et revient moins cher que le beurre importé. |
| Crème fraîche épaisse | La crema de leche locale est liquide, proche d'une crème fleurette. L'équivalent de la crème épaisse française n'existe pas en rayon. | Pour les sauces, les soupes et les quiches, la crème liquide fonctionne, avec un résultat plus fluide. Une cuillère de fécule de maïs, fécula de maíz, chauffée avec la crème, rapproche la texture de l'originale. Pour les préparations salées qui demandent de la tenue, un fromage à tartiner nature remplit correctement le rôle. |
| Fromages français affinés | L'offre est limitée et chère. On trouve des pâtes molles de type camembert ou brie, le plus souvent de production argentine, et ponctuellement de véritables importations européennes. Les pâtes pressées cuites de type comté et les chèvres affinés sont rares. | Les productions argentines constituent le substitut le plus régulier : différentes des originales, mais de bonne facture. Le rayon import réserve parfois de vraies importations, à un prix qui en fait un achat d'occasion plutôt qu'un achat courant. La solution durable reste d'apprivoiser les fromages locaux, qui ont leurs qualités propres, plutôt que de chercher indéfiniment un équivalent qui n'existe pas. |
| Pain de type français | Le pan francés local est un petit pain souple, à croûte tendre et mie aérée. Ce n'est pas une baguette, et la déception des premiers jours est classique. | Des boulangeries artisanales, souvent tenues par des Européens installés sur place, produisent de vraies baguettes, du pain au levain et des viennoiseries à Asunción. Les adresses évoluent : les groupes d'expatriés sont la source la plus fiable pour les repérer. Le prix est nettement supérieur à celui du pain courant. À défaut, la fabrication maison est très accessible, la farine et la levure étant peu coûteuses, et beaucoup d'expatriés s'y mettent la première année. |
| Vin français | Disponible mais coûteux : à la valeur du produit s'ajoutent les droits d'importation et la fiscalité indirecte, ce qui place une bouteille d'entrée de gamme française à un niveau de prix sans rapport avec celui pratiqué en France. | Les vins argentins, chiliens et uruguayens sont la réponse évidente. Les échanges au sein du Mercosur bénéficient d'un régime douanier privilégié, et le rapport qualité-prix des vins de la région est excellent, notamment sur les cépages emblématiques du Cône Sud. Les cavistes d'Asunción proposent une sélection sérieuse et de bons conseils. Sur la logique des droits de douane et de la fiscalité à l'importation, notre article sur l'import-export au Paraguay détaille les mécanismes. |
| Moutarde et condiments | Disponible sans difficulté dans les enseignes de centre-ville, en versions importées d'Europe ou produites en Argentine. | C'est l'un des produits français les plus faciles à retrouver. Les versions régionales sont proches de l'original et coûtent nettement moins cher que les importations. Les cornichons au vinaigre, en revanche, demandent plus de recherche : les pepinos en vinagre disponibles sont souvent plus doux. |
| Légumineuses | Bien représentées : lentilles, haricots rouges, noirs et blancs, les porotos, et pois chiches, les garbanzos, vendus en vrac ou en sachet à prix modeste. | Les lentilles courantes sont brunes plutôt que vertes, avec une tenue à la cuisson un peu différente : réduisez légèrement le temps et surveillez. Les recettes fonctionnent sans autre ajustement. Les haricots secs sont un pilier de la cuisine locale et se trouvent partout. |
| Produits biologiques certifiés | Le marché est émergent : peu de références labellisées en grande surface, à des prix sensiblement supérieurs au conventionnel. Quelques magasins spécialisés en produits naturels et sans gluten existent à Asunción. | Les ferias permettent d'acheter en circuit court et de poser directement la question des pratiques au producteur, ¿usa agroquímicos? Attention toutefois à ne pas confondre absence de label et absence de traitement : la certification a un coût qui décourage beaucoup de petits producteurs, mais son absence ne garantit rien en soi, et une réponse orale n'est pas un contrôle. Dans tous les cas, lavez soigneusement fruits et légumes, quelle que soit leur provenance. Si le sujet de la certification vous intéresse au-delà de vos courses, nous l'avons traité côté producteur dans notre article sur la création d'une ferme bio au Paraguay. |
Les prix : Paraguay et France
Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur observés en grande surface, hors promotions et hors variations saisonnières, et les compare qualitativement à ce qu'un consommateur français a en tête. Le taux de change et l'inflation font bouger ces repères : vérifiez-les sur place plutôt que de vous y fier au centime.
| Produit | Ordre de prix au Paraguay | Comparaison avec la France |
|---|---|---|
| Bœuf, filet (1 kg) | Une dizaine de dollars | Très nettement inférieur |
| Bœuf, découpes à griller ou à braiser (1 kg) | Quelques dollars | Très nettement inférieur |
| Poulet entier (1 kg) | Quelques dollars | Nettement inférieur |
| Lait (1 litre) | Autour d'un dollar | Comparable |
| Œufs (douzaine) | Un à deux dollars | Inférieur |
| Riz (1 kg) | Autour d'un dollar | Inférieur |
| Tomates (1 kg) | Moins d'un à deux dollars | Nettement inférieur |
| Fruits tropicaux de saison (1 kg) | Quelques dizaines de centimes à deux dollars | Sans commune mesure, l'écart est maximal sur ce poste |
| Pain courant local | Quelques dizaines de centimes | Inférieur, mais le produit n'est pas le même |
| Eau en bouteille | Moins d'un dollar | Comparable |
| Bière locale | Environ un dollar | Inférieur |
| Vin de la région | Quelques dollars la bouteille | Inférieur à qualité équivalente |
| Huile d'olive importée | Plusieurs dollars le litre | Comparable, parfois supérieur |
| Fromage local (1 kg) | Quelques dollars | Inférieur, sur des produits différents |
| Fromage européen importé | Élevé | Supérieur, souvent nettement |
| Repas courant au restaurant | Autour de cinq à quinze dollars | Nettement inférieur |
La lecture d'ensemble est simple : tout ce qui pousse ou s'élève au Paraguay coûte beaucoup moins cher qu'en France, tout ce qui traverse l'Atlantique coûte autant ou davantage. Un foyer qui cuisine avec les produits du pays voit son budget alimentaire baisser franchement par rapport à la France ; un foyer qui cherche à reconstituer son alimentation habituelle à base d'importations peut ne rien économiser du tout. C'est le principal facteur de dispersion entre deux expatriés au train de vie apparemment comparable, et il se pilote entièrement depuis le caddie.
Les astuces pour économiser
- Faites la feria. Les marchés de quartier sont sensiblement moins chers que les grandes surfaces sur les fruits, les légumes, les œufs et les fromages fermiers, avec une fraîcheur supérieure. Réservez-leur le frais et le supermarché pour le reste.
- Achetez en volume ce qui se conserve. Eau, boissons, papier, produits d'entretien, denrées sèches : le format entrepôt une à deux fois par mois représente une économie réelle, à condition d'avoir la place de stocker et de consommer avant péremption.
- Consultez les promotions avant de partir. Les applications des enseignes annoncent les offres de la semaine. Construire sa liste à partir de ces offres, plutôt que l'inverse, change le montant du ticket.
- Passez par le boucher de quartier. Les carnicerías sont généralement moins chères que les grandes surfaces, la découpe se fait à la demande et le conseil est meilleur. Demandez à vos voisins ou au gardien de l'immeuble laquelle ils recommandent.
- Cuisinez avec les produits du pays. C'est de loin le levier le plus puissant, devant toutes les astuces d'achat. La mandioca remplace la pomme de terre, le queso Paraguay le fromage à gratiner, les fruits de saison les fruits importés. Les saveurs changent, le budget aussi, et l'adaptation fait partie de l'installation.
- Achetez de saison. Un fruit hors saison est cher partout, y compris ici. Le calendrier local se retient vite et c'est lui qui structure les meilleurs prix.
- Utilisez la livraison à bon escient. Les plateformes de livraison couvrent aussi les courses de supermarché, pour des frais modestes. C'est utile pendant la saison des pluies ou sans véhicule, mais les prix affichés en ligne ne sont pas toujours ceux du magasin : comparez avant d'en faire une habitude.
- Attention à la chaîne du froid. Sous ce climat, un détour de trente minutes avec de la viande dans le coffre suffit à gâcher l'économie réalisée. Sac isotherme dans la voiture, courses fraîches en dernier, retour direct.
Conclusion

Faire ses courses au Paraguay devient simple une fois la géographie du sujet en tête : une enseigne généraliste pour le quotidien, un rayon import pour ce qui manque vraiment, un entrepôt pour ce qui se stocke, la feria du quartier pour le frais et le boucher du coin pour la viande. Le budget alimentaire d'un foyer qui cuisine local baisse nettement par rapport à la France, avec des produits frais d'une qualité que peu de nouveaux arrivants anticipent.
Quant aux produits introuvables, ils ont presque tous une réponse : un substitut local, une fabrication maison, une adresse artisanale, ou simplement l'acceptation qu'ils resteront un plaisir occasionnel. Le vrai basculement, la plupart des expatriés le décrivent de la même façon : le jour où l'on cesse de comparer chaque rayon à celui d'un supermarché français, et où l'on commence à cuisiner ce que le pays produit. Le panier ne ressemble plus à celui de Paris, mais il est plein, il est frais, et il coûte moins cher.
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