Ouvrir un coworking à Asunción : business plan, emplacement et rentabilité

Ouvrir un coworking à Asunción : business plan, emplacement et rentabilité

Asunción vit une transformation silencieuse. La ville passe d'une économie de bureaux traditionnels, où l'employé rejoint son poste de huit heures à dix-sept heures dans un immeuble sans caractère, à une économie de travail flexible : le freelance travaille depuis un café, le fondateur de startup loue un bureau pour trois mois, le cadre télétravaille trois jours par semaine, le nomade numérique reste deux mois puis repart. Trois forces alimentent ce mouvement simultanément. L'afflux d'expatriés et de nomades, plusieurs centaines à quelques milliers par an, des professionnels qui travaillent à distance et cherchent un espace professionnel temporaire, pas un bail de trois ans. La montée du freelancing paraguayen, avec de jeunes développeurs, designers et spécialistes du marketing travaillant pour des clients internationaux depuis un appartement sans bureau dédié. Et la croissance des startups locales, qui n'ont pas les moyens d'un bureau privé mais ont besoin d'une adresse et d'un environnement de travail.

Le marché du coworking à Asunción reste naissant : une dizaine à une vingtaine d'espaces en 2026, contre plusieurs centaines à Buenos Aires et plusieurs dizaines à Lima ou Bogotá. Le pays se situe au tout début de la courbe, ce qui donne un avantage réel aux premiers entrants sérieux. Pour un entrepreneur francophone, ouvrir un coworking présente un triple intérêt : un modèle rentable, avec des marges de 30 à 50 % sur des revenus récurrents ; une position centrale dans la communauté expatriée et entrepreneuriale, qui bénéficie à tous vos autres projets ; et, si vous achetez les murs, un actif immobilier qui s'apprécie en parallèle de l'exploitation. Ce guide couvre le marché, le modèle économique, l'emplacement, les coûts et les facteurs qui décident du succès.

Le marché du coworking à Asunción en 2026

L'état des lieux

Indicateur Situation
Nombre d'espaces Une dizaine à une vingtaine d'espaces, en comptant les coworkings purs et les formules hybrides : cafés avec zone de travail, hôtels proposant des postes, incubateurs avec bureaux partagés. C'est peu pour une agglomération d'environ 2,5 millions d'habitants. Le ratio local se situe autour d'un espace pour plus de cent mille habitants, contre un pour quelques dizaines de milliers dans les grandes villes européennes ou nord-américaines. Le marché est en émergence, pas en saturation.
Profil de l'offre existante L'offre est portée par des initiatives locales, généralement des espaces de 50 à 200 m² proposant dix à trente postes avec un équipement fonctionnel : wifi, mobilier, café. Quelques adresses se distinguent par leur taille et leur qualité, avec salles de réunion et animation communautaire, sur un positionnement intermédiaire. En revanche, aucun espace ne se situe au standard international des grandes chaînes de coworking. Le segment premium est libre.
Tarifs pratiqués
  • Poste non attribué : environ 80 à 200 USD par mois, ou 15 à 30 USD pour un passage à la journée. Format le plus accessible, le membre s'installe où il trouve de la place.
  • Poste attribué : environ 150 à 350 USD par mois. Le membre dispose de son poste fixe et d'un casier, et peut laisser ses affaires. C'est le format préféré des freelances réguliers.
  • Bureau privé : environ 300 à 800 USD par mois pour une à quatre personnes. Un espace fermé, pour les startups, les petites entreprises et les cadres qui passent des appels confidentiels.
  • Salle de réunion : environ 15 à 40 USD de l'heure, louée aux membres comme aux extérieurs. Les entreprises locales dépourvues de salle correcte constituent une clientèle régulière.
  • Domiciliation : environ 30 à 80 USD par mois. L'entreprise utilise votre adresse sur son RUC, ses factures et son site sans occuper de poste. Marge quasi totale, coût marginal nul.
Taux d'occupation Entre 55 et 75 % pour les espaces bien positionnés, jusqu'à 80 ou 85 % en deuxième ou troisième année lorsque l'emplacement, le design et la communauté sont au rendez-vous. Les espaces mal positionnés plafonnent à 30 ou 50 %, en dessous du seuil de rentabilité qui se situe autour de 55 à 65 %. Au-delà de ce seuil, chaque membre supplémentaire s'ajoute presque intégralement au résultat, puisque les charges sont fixes. Toute l'économie du modèle tient dans ce taux.
Croissance La demande progresse de 15 à 25 % par an, portée par l'arrivée d'expatriés, le développement du freelancing, la croissance des startups et l'installation durable du télétravail. Le nombre d'espaces devrait doubler d'ici la fin de la décennie.

Les segments de clientèle

Freelance travaillant sur ordinateur illustrant la demande de coworking à Asunción

Segment Taille estimée Budget Attentes principales
Freelances paraguayens Plusieurs milliers de professionnels indépendants dans l'agglomération, dont une fraction, sans doute 10 à 20 %, serait prête à payer pour un espace de travail, soit plusieurs centaines à quelques milliers de clients potentiels. ~80 à 200 USD par mois. Segment sensible au prix, avec des revenus irréguliers. Un wifi rapide et stable avant tout : ces membres travaillent en ligne et ne pardonnent aucune coupure. Une électricité sécurisée, la climatisation, indispensable pendant l'été asunceño, et un café correct, consommé plusieurs fois par jour. Enfin la communauté : c'est elle qui explique qu'un freelance paie pour un poste plutôt que de rester chez lui.
Nomades numériques et expatriés Quelques centaines à deux mille personnes présentes à un instant donné, avec une rotation permanente : un à six mois pour les nomades, plusieurs années pour les expatriés installés. ~150 à 400 USD par mois. Revenus en devises, budget plus élevé et disposition à payer pour la qualité. Un design soigné : ces membres ont fréquenté des espaces à Lisbonne, Bali ou Medellín et comparent. Bois, plantes, lumière naturelle, assises confortables, terrasse. Une communauté internationale animée par des événements réguliers. Et de la souplesse contractuelle : abonnement mensuel sans engagement, parce qu'ils ne savent pas eux-mêmes s'ils seront encore là dans trois mois.
Startups Quelques centaines de structures actives dans l'agglomération. Les incubateurs locaux en accompagnent plusieurs dizaines chacun, et celles qui en sortent cherchent un bureau adapté à des équipes de deux à huit personnes. ~300 à 800 USD par mois pour un bureau privé de deux à quatre postes, soit une économie de 30 à 40 % par rapport à un bureau traditionnel équivalent une fois le mobilier et les charges intégrés. Des bureaux fermés pour les appels clients et la confidentialité. Des salles de réunion présentables pour recevoir investisseurs et partenaires, avec écran et connexion fiable. Et la domiciliation, service à forte valeur perçue pour un coût marginal.
Télétravailleurs salariés Quelques milliers de cadres télétravaillant deux à trois jours par semaine, pratique désormais courante dans les entreprises paraguayennes. ~100 à 250 USD par mois, parfois pris en charge par l'employeur, ou 15 à 25 USD par passage à la journée. Convertir ces passages en abonnement est l'un des objectifs commerciaux permanents. La proximité du domicile : ce segment ne traverse pas la ville. C'est l'argument le plus fort en faveur d'un second espace dans un autre quartier plutôt que d'un agrandissement. Et le calme, avec des cabines insonorisées pour les visioconférences, sans lesquelles ce public ne reste pas.
Entreprises, bureaux satellites Quelques dizaines à deux cents entreprises susceptibles de loger cinq à dix collaborateurs sans engager de bail commercial. ~500 à 2 000 USD par mois. Ticket élevé, engagement long de six à douze mois : c'est le segment le plus rentable du modèle. Une image professionnelle irréprochable, puisque l'entreprise y reçoit ses clients. Une confidentialité réelle : cloisons opaques et insonorisées, serrures, pas de parois vitrées exposant écrans et conversations. Et un forfait tout compris, sans facturation annexe.

Quel format de coworking ouvrir

Modèle Cible Surface Investissement Revenu mensuel visé
Le coworking de quartier : un espace réduit dans un quartier résidentiel, quinze à vingt-cinq postes, ambiance de salon, design chaleureux. Le bureau de proximité, où l'on vient à pied. Freelances, télétravailleurs et expatriés du quartier ~80 à 150 m² ~20 000 à 50 000 USD ~3 000 à 7 000 USD
Le coworking communautaire : trente à soixante postes, mêlant postes libres, postes attribués et bureaux privés, avec salle de réunion, espace événementiel, cuisine équipée et extérieur. L'animation de la communauté est le cœur du concept. Mélange de freelances, nomades, startups et petites entreprises ~200 à 400 m² ~50 000 à 120 000 USD ~8 000 à 20 000 USD
Le coworking premium : soixante à cent vingt postes et plus, design au standard international, bureaux privés pour entreprises, salles équipées pour la visioconférence, cabines téléphoniques, café de qualité, parking. Le seul espace de ce niveau au Paraguay. Entreprises, cadres, expatriés au budget confortable, startups financées ~400 à 1 000 m² et plus ~120 000 à 350 000 USD ~20 000 à 50 000 USD et plus

Notre recommandation. Pour un premier projet, le format communautaire est le bon choix. L'investissement reste maîtrisable, le potentiel de revenu justifie la prise de risque, et la mixité des profils crée précisément la valeur que chaque segment vient chercher. Le coworking de quartier est souvent trop petit pour absorber ses charges fixes, et le format premium demande une trésorerie, une expérience et une réputation qu'on ne possède pas au démarrage. Ce dernier se prépare en année trois à cinq, éventuellement comme deuxième site.

L'emplacement

Quartier Atouts Limites Loyer indicatif
Villa Morra Le quartier de référence des expatriés, avec la plus forte concentration de francophones et d'anglophones de la ville. Restaurants, cafés et commerces à distance de marche, ce qui permet aux membres de déjeuner et de faire leurs courses sans véhicule. La demande y est structurellement forte. Les loyers les plus élevés d'Asunción, et une charge lourde pour un local de 300 m². Quelques espaces sont déjà installés dans le secteur. ~12 à 22 USD/m²
Carmelitas Quartier de vie nocturne, mais aussi quartier résidentiel de standing en journée. L'animation, les terrasses et l'offre culturelle en font un secteur que les nomades apprécient particulièrement. L'ambiance du quartier devient un argument commercial en soi. Loyers comparables à Villa Morra. Le bruit peut poser problème selon l'emplacement exact du local, la proximité immédiate des bars n'étant pas idéale pour la qualité générale du bâtiment. ~12 à 20 USD/m²
Aviadores del Chaco et zone d'affaires Le quartier d'affaires en construction, avec les tours de bureaux, les banques et les sièges sociaux. C'est là que se trouve la clientèle entreprise, qui veut un bureau satellite à proximité de ses interlocuteurs. Le positionnement autorise des tarifs sensiblement supérieurs. Peu de vie de quartier : le secteur s'anime en journée et se vide le soir et le week-end. La communauté y est moins dense qu'en zone résidentielle. Loyers élevés. ~14 à 22 USD/m²
Santa Teresa Zone intermédiaire, avec des loyers inférieurs de 20 à 30 % à ceux de Villa Morra, dans un secteur en plein développement où sortent de nouveaux immeubles. Bon compromis pour un positionnement de milieu de gamme visant freelances et startups. Moins de prestige d'adresse, ce qui compte pour la clientèle entreprise mais reste secondaire pour les freelances, plus sensibles au rapport entre prix et qualité. ~8 à 15 USD/m²
Zone universitaire Proximité d'une population étudiante nombreuse, qui constitue le vivier des freelances et entrepreneurs de demain. Loyers les plus bas de la sélection. Pouvoir d'achat limité : ce public paie 50 à 100 USD par mois ou quelques dollars à la journée, ce qui comprime fortement la marge. Risque de dérive vers un lieu d'étude plutôt qu'un lieu de travail, ce qui éloigne les professionnels et les entreprises. ~6 à 12 USD/m²

En pratique. Pour un format communautaire, Villa Morra ou Carmelitas offrent la meilleure équation : la demande y est la plus dense et l'environnement fait partie de l'offre, ce qui permet de facturer le premier au prix du second. Pour un format premium, Aviadores del Chaco s'impose, la clientèle entreprise y étant déjà installée. Pour un petit espace de quartier, Santa Teresa présente le meilleur rapport entre loyer et potentiel.

Le modèle économique : format communautaire de 40 postes

L'investissement

Poste Coût estimé
Création de la société, patente et licences ~2 500 à 4 000 USD
Local : trois mois de loyer d'avance et deux mois de caution, sur une base de 250 m² à Villa Morra ~18 750 USD
Aménagement : travaux, cloisons, électricité, climatisation, mobilier, sièges ergonomiques, éclairage, décoration, cuisine et machine à café professionnelle, deux à trois cabines insonorisées. À traiter comme un investissement, pas comme une dépense : un espace réussi remplit plus vite et se facture plus cher. ~30 000 à 60 000 USD
Technologie : fibre optique, routeur professionnel, connexion de secours, contrôle d'accès par badge pour l'ouverture continue, écrans de salle de réunion, logiciel de gestion des membres et des réservations ~5 000 à 12 000 USD
Onduleur et groupe électrogène, pour absorber les coupures de courant ~2 000 à 8 000 USD
Salles de réunion : une à deux salles équipées en table, sièges, écran, caméra et micro ~5 000 à 12 000 USD
Marketing de lancement : site, photographies professionnelles, fiche d'établissement, réseaux sociaux, soirée d'ouverture ~3 000 à 8 000 USD
Fonds de roulement sur six mois, le temps que l'occupation monte en charge ~20 000 à 35 000 USD
Total ~85 000 à 160 000 USD

Revenus et rentabilité

Le tableau suivant est une hypothèse de travail illustrant la mécanique du modèle, en particulier le rôle du taux d'occupation. Il ne constitue ni une prévision ni une garantie de résultat : le rythme de remplissage dépend de l'emplacement retenu, de la qualité de l'animation et de la concurrence installée au moment de l'ouverture.

Poste Année 1 Année 2 Année 3
Occupation moyenne ~45 %, soit 18 postes ~68 %, soit 27 postes ~80 %, soit 32 postes
Abonnements mensuels, tarif moyen pondéré ~54 000 USD ~89 100 USD ~115 200 USD
Passages à la journée ~7 200 USD ~10 800 USD ~12 000 USD
Salles de réunion ~12 000 USD ~18 000 USD ~24 000 USD
Domiciliation ~6 000 USD ~9 600 USD ~12 000 USD
Événements et annexes ~4 000 USD ~8 000 USD ~12 000 USD
Chiffre d'affaires ~83 200 USD ~135 500 USD ~175 200 USD
Charges : loyer, salaires du responsable de communauté, de l'accueil et du nettoyage, fluides et connexion, consommables, marketing, comptabilité, assurance, logiciel, maintenance ~72 000 USD ~85 000 USD ~95 000 USD
Résultat avant impôt ~11 200 USD ~50 500 USD ~80 200 USD
IRE 10 % puis IDU 8 % sur distribution ~1 930 USD ~8 690 USD ~13 800 USD
Résultat après impôt ~9 270 USD ~41 810 USD ~66 400 USD

Ce que dit ce modèle. La première année est une course au remplissage, et les six premiers mois en sont la partie difficile : l'espace se remplit progressivement, à mesure que les premiers membres arrivent par la soirée d'ouverture, les réseaux sociaux et la recommandation. La deuxième année marque le basculement, parce que la communauté existe et se recrute elle-même. La troisième approche du plafond physique : au-delà de 80 % d'occupation, la croissance suppose d'agrandir ou d'ouvrir un second site. Attention à ne pas lire ce tableau de façon trop optimiste : le résultat de la première année tient entièrement à l'hypothèse de 45 % d'occupation. À 30 %, la même structure est déficitaire. C'est la variable à surveiller chaque semaine, avant toute autre.

La communauté, facteur décisif

Événement networking illustrant la communauté d'un coworking

Pourquoi elle décide de tout

Un bureau partagé, c'est un local avec des tables et du wifi. Les gens arrivent, travaillent, repartent, sans se parler. Un coworking, c'est autre chose : les membres se connaissent, échangent, collaborent, se recommandent des clients. C'est cette différence qui explique qu'on paie un abonnement plutôt que de rester chez soi ou d'aller au café d'en face, et c'est elle qui produit le bouche-à-oreille dont dépend le remplissage. Sans communauté, vous exploitez un bureau partagé : sans attachement, sans recommandation, et avec une rotation permanente des membres.

Comment la construire

  • Le responsable de communauté est le poste le plus rentable de la structure. Ce n'est pas une fonction d'accueil : c'est la personne qui connaît chaque membre par son nom, son métier et ses projets, qui fait les présentations utiles entre un designer et une startup qui en cherche un, qui organise les rendez-vous réguliers et qui donne le ton du lieu. Comptez 800 à 1 500 USD par mois pour un impact direct et mesurable sur la rétention.
  • Les événements, à raison de deux à quatre par mois. Un apéritif mensuel de fin de semaine, où les membres invitent leurs proches, ce qui en fait votre principale source de prospects. Un atelier hebdomadaire animé par un membre sur son domaine d'expertise, référencement, comptabilité paraguayenne, méthode de conception : le format ne coûte rien, l'intervenant y gagne en visibilité et vous y gagnez du contenu et des visiteurs. Un déjeuner collectif hebdomadaire, où chacun apporte son repas et où naissent la plupart des collaborations. Et ponctuellement des soirées de présentation de projets, qui positionnent le lieu comme un point de passage de l'écosystème entrepreneurial de la ville.
  • L'accueil des nouveaux membres détermine s'ils restent. Remettre un badge en indiquant un bureau du doigt garantit un départ sous quinzaine. Le bon protocole tient en quatre gestes : une visite personnelle des lieux, une présentation à trois ou cinq membres travaillant dans des domaines proches ou complémentaires, une invitation au prochain événement, et un point informel après une semaine pour vérifier que tout se passe bien. C'est ce qui transforme un abonné en membre.
  • Un canal de discussion réservé aux membres, sur la messagerie de votre choix, pour les annonces, les recommandations et les recherches de prestataires. Le responsable de communauté l'alimente quotidiennement, ce qui maintient le lien même les jours où les membres travaillent de chez eux.

La fiscalité

Impôt Application
IRE, 10 % Le bénéfice net est imposé à 10 %. L'activité est de source paraguayenne, l'espace et les membres se trouvant au Paraguay : la territorialité prévue par la loi 6380/2019 ne s'applique pas. Toutes les charges sont déductibles, loyer, salaires, fluides, consommables, marketing, logiciel, maintenance et événements. L'aménagement s'amortit sur plusieurs exercices, ce qui réduit sensiblement la base imposable des premières années.
IVA, 10 % Les abonnements, la location de salles et la domiciliation relèvent du taux général de 10 %, collecté auprès des membres. L'IVA acquittée sur le mobilier, l'équipement et les services vient en déduction. Voir notre guide de l'IVA au Paraguay.
IDU, 8 % Les dividendes distribués à un associé résident supportent l'IDU au taux de 8 %, porté à 15 % pour un associé non-résident. Pour un associé résident, la charge cumulée sur un bénéfice intégralement distribué s'établit autour de 17 %.
Impôt foncier, si vous achetez les murs L'impôt immobilier est assis sur la valeur cadastrale, traditionnellement basse au Paraguay, ce qui en fait une charge marginale. Acquérir le local transforme le loyer en constitution de patrimoine : l'exploitation génère des revenus pendant que le bien s'apprécie. Cela suppose en revanche de mobiliser un capital très supérieur, et de ne pas confondre les deux métiers : un coworking déficitaire dans un immeuble qui prend de la valeur reste un coworking déficitaire.

Les erreurs coûteuses

Erreur 1 : économiser sur la connexion

Le wifi est le service pour lequel les membres paient, avant le design et avant le café. Une connexion lente ou instable vide un espace, quelle que soit la qualité du reste. Prévoyez une fibre professionnelle avec un débit symétrique suffisant pour les visioconférences, un routeur professionnel couvrant l'ensemble du plateau sans zone morte et permettant d'authentifier les membres, et surtout une seconde connexion chez un opérateur différent, avec bascule automatique. Comptez 300 à 700 USD par mois pour l'ensemble. C'est le poste sur lequel il ne faut jamais arbitrer.

Erreur 2 : négliger l'aménagement

Les nomades et expatriés ont fréquenté des espaces sur trois continents et disposent d'un point de comparaison précis. Un plateau de bureaux impersonnel sous néons ne retiendra pas cette clientèle, qui préférera le café voisin même avec une moins bonne connexion. Le design n'a pas besoin d'être coûteux, il doit être intentionnel : des plantes transforment un espace pour quelques centaines de dollars, la lumière naturelle est gratuite et se choisit au moment de la visite du local, le bois coûte un tiers de plus que le mélaminé pour un résultat sans commune mesure, et les artistes locaux exposent volontiers en échange de la visibilité. Un espace réussi se remplit plus vite et se facture plus cher : l'investissement se rembourse en quelques mois.

Erreur 3 : ouvrir sans communauté préexistante

Les membres ne viennent pas spontanément : ils ignorent que vous existez et ne connaissent personne chez vous. La communauté se construit avant l'ouverture, pas après. Créez un groupe de discussion trois à six mois en amont, invitez les freelances, nomades et expatriés que vous connaissez, et organisez des rendez-vous informels dans un café, une fois par mois puis une fois par semaine. Dix à vingt personnes à chaque rencontre suffisent à faire grossir le groupe. Le jour de l'ouverture, vous disposez de cinquante à cent contacts qualifiés dont une partie devient vos premiers membres, et vous démarrez à 25 ou 50 % d'occupation plutôt qu'à zéro. C'est la différence entre une première année rentable et une première année déficitaire.

Erreur 4 : ignorer les coupures de courant

Les coupures sont fréquentes à Asunción, particulièrement en été lorsque la climatisation sature le réseau, et peuvent durer de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures. Dans un coworking, une coupure signifie plus de connexion, plus de lumière, plus de climatisation : les ordinateurs tiennent sur batterie mais le travail s'arrête, et les membres qui ont payé pour travailler ne reviennent pas. La parade combine un onduleur, qui maintient la connexion et l'éclairage de sécurité sur les coupures courtes, et un groupe électrogène qui prend le relais sur les coupures longues en alimentant également la climatisation. Comptez 4 000 à 11 000 USD pour l'ensemble. C'est le deuxième investissement en importance après la connexion, et le plus souvent négligé par ceux qui n'ont pas encore passé un été sur place.

Erreur 5 : casser les prix pour remplir

Un poste à 60 USD attire des membres peu engagés : ils viennent deux ou trois fois par mois, n'utilisent pas vraiment l'espace, ne participent à rien et partent au bout de deux mois. Vous affichez quarante inscrits pour quinze présences réelles, et la communauté ne se forme jamais. Un tarif juste, dans les fourchettes du marché, sélectionne des membres qui viennent plusieurs jours par semaine, s'approprient le lieu et y restent des mois. Le prix est un filtre : servez-vous-en pour choisir vos membres plutôt que pour remplir vite.

Erreur 6 : fermer à dix-huit heures

Les nomades et freelances qui travaillent avec l'Europe ou l'Amérique du Nord ont des horaires décalés, et un appel client en fin de journée européenne tombe en soirée à Asunción. Un espace qui ferme à dix-huit heures perd mécaniquement ce public. L'accès permanent par badge ou code coûte un à trois mille dollars à l'installation et rien ensuite, ne demande aucun personnel de nuit dès lors que la vidéosurveillance est en place, et constitue un différenciateur réel sur un marché où peu d'espaces le proposent.

Conclusion

Espace de travail avec plantes tropicales illustrant le design d'un coworking

Ouvrir un coworking à Asunción se situe à la croisée de l'immobilier, de l'entrepreneuriat et de l'animation de communauté. Le marché est naissant, avec une dizaine à une vingtaine d'espaces pour une agglomération de 2,5 millions d'habitants, et une demande qui progresse de 15 à 25 % par an sous l'effet conjugué de l'arrivée d'expatriés, du freelancing local, des startups et du télétravail. Un format communautaire d'une quarantaine de postes demande 85 000 à 160 000 USD, atteint l'équilibre dès la première année si le remplissage suit, et peut dégager plusieurs dizaines de milliers de dollars annuels en rythme de croisière, pour un retour sur investissement de l'ordre de deux à trois ans. La fiscalité, autour de 17 % en cumulé pour un associé résident, ne constitue pas un obstacle.

Quatre éléments déterminent le résultat, et aucun n'est optionnel. La communauté, animée par un responsable dédié, des rendez-vous réguliers et un accueil personnalisé des nouveaux membres : c'est elle qui explique le choix de votre espace plutôt qu'un autre. La connexion, avec fibre, secours et matériel professionnel, sur laquelle aucun compromis n'est possible. L'aménagement, qui décide de la vitesse de remplissage et du niveau de prix. Et l'alimentation électrique de secours, sans laquelle une soirée d'été suffit à perdre des membres qu'on a mis des mois à convaincre.

Le modèle s'articule enfin avec le reste de l'écosystème. Les expatriés qui obtiennent leur résidence fiscale cherchent ensuite un espace de travail. Les entrepreneurs qui passent par la création d'entreprise ont besoin d'une domiciliation, revenu récurrent à marge quasi totale. Et si vous achetez les murs plutôt que de les louer, l'exploitation et l'investissement immobilier se cumulent. Un coworking n'est pas seulement un commerce : c'est une position centrale dans la communauté entrepreneuriale d'Asunción, qui profite à tout ce que vous entreprenez par ailleurs.

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